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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Concert tragique au Palais

Une victime : le Prince ...

 

 

 

Le palais racle et renâcle, non pas qu’il faille faire des économies, la chose est impossible, mais tout simplement pour la fête de la musique, l’organisation d’un concert constituerait un geste symbolique très utile pour redonner confiance au secteur de la Culture. Mais comment procéder quand un voile couvre le fond d’une gorge chaude ? Des prises régulières de température attestent de ce trouble. Des experts se sont penchés sur la question, les uns prônent pour une angine blanche, d’autres la pensaient rouge. Il est vrai qu’à force de prétendre balancer d’un pied sur l’autre, la différenciation est aussi complexe que la distanciation.

Le palais en appelle à la luette pour résoudre le problème. Elle semble la mieux placée pour émettre une opinion fondée sur l’observation, ce qui, reconnaissons-le est chose rare dans ce milieu. La luette effectue un sondage, une vieille habitude dans cette maison et finit par découvrir un chat au fond de la gorge. C’est la stupéfaction dans le service chargé d’éradiquer toutes les petites bêtes depuis les derniers incidents provoqués par une chauve-souris.

Une escouade armée tente de débusquer le félin une matraque à la main. C’est la consternation, il n’y a plus en stock le fameux bâton blanc lumineux qui était si élégant autrefois, au temps glorieux de l’usage pacifique de la chose. L’éclairage eut permit d’y voir plus clair alors qu’étonnamment, cette fois, ce sont les hommes de l’intérieur qui se cassent la tête dans ce gouffre obscur.

Un conseiller évoque une nouvelle hypothèse. Pour se saisir du chat, rien de mieux qu’un chien policier. L’idée est excellente d’autant plus que des esprits avisés ont dressé les animaux à repérer à l’odeur le méchant virus cause de toute cette agitation. Nous ferions ainsi d’une pierre deux coups, s’exclame le patient, impatient de se voir libéré d’un tel fardeau.

 La difficulté était plus grande qu’il n’y paraissait. Le chien en question devait avoir un profil bien particulier pour réussir dans son entreprise. D’après les nombreux comités scientifiques interrogés sur le choix, seul un chien jaune, si possible de Baskerville, serait en mesure de déloger le greffier parasite.

Hélas, depuis quelque temps, la couleur jaune est interdite dans le palais. Le locataire en ferait une question de principe après une fièvre jaune qui l’a laissé sur le flanc. La suggestion est repoussée fermement. Il convient de trouver une nouvelle piste. C’est alors son épouse qui participe toujours aux décisions importantes qui s’exclame : « J’ai une idée ! » Nous ne relèverons pas la stupéfaction des témoins entendant ce propos, cela relève de l’anecdote. Contentons-nous d’écouter cette extraordinaire proposition.

« Chéri, il suffit de te glisser une petite souris dans le fond du palais et le chat, retrouvant ces instincts primitifs, se jettera dessus. Tu seras ainsi débarrassé et le concert pourra avoir lieu ! » Les différents chefs de cabinet présents s’enthousiasmèrent. Cette fois ce fut le patron en personne qui repoussa l’idée : « Une petite souris ! Moi. Mais ma chérie, quelle drôle d’idée te trotte dans la tête ! Si c’était un mulot passe encore et encore il faudrait le passer au préalable dans l’huile ! »

Devant tant de mauvaise volonté, un groupe incontrôlé en habits jaunes fit irruption dans le Palais. Un de ces individus s’approcha du Prince qui comme il en avait l’habitude, tira la langue à cet homme du peuple. C’est ce qu’attendait l’intrus qui d’un geste vif trancha l’organe charnu et le donna au chat qui n’attendait que ça.

Depuis cet épisode tragique, le pays n’a plus le bonheur d’écouter les longs discours de son Prince. Si certains en sont peinés, notamment dans les programmateurs de Télévision, beaucoup en furent soulagés. Au Palais, le concert dans la gorge finit par avoir lieu. Il fut fatal au Prince qui en mourra dans l’instant. Un persifleur tenta de justifier cette issue tragique : « Toutes ses idées fumeuses, ne pouvaient que le pousser dans la tombe ! S’il a fait un tabac au début, à force de mégoter sur tout, le mal a fait son chemin plus vite que lui !  »

Chattoiement sien.

 

 

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