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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Perdre la face

Le grand Carnaval

 

 

C’est le retour de la fête des fous. Ils sont des milliers à dévaliser pharmacies et hôpitaux pour se couvrir la face. Il est vrai que la période du Carnaval bat son plein. Tout ceux qui ont porté Freluquet au pouvoir ont si honte qu’ils ne peuvent plus sortir à visage découvert. Ils toussent, ils se raclent la gorge d’avoir avalé tant de couleuvres qu’ils en ont une indigestion magistrale.

Pourtant, il convient de garder raison. Se mettre un écran sur la face ne sauve ni du ridicule ni de la honte d’autant plus que ce masque s’il atténue leurs plaintes n’a aucun effet sur ce qu’ils peuvent encore voir, sentir et entendre. La seule obstruction de la bouche n’est de peu d’utilité dans le contexte actuel. Par contre, la quarantaine s’impose à eux, surtout lors des deux prochains scrutins électoraux.

Qu’un admirateur de Freluquet premier, roi de la Pantalonnade puisse encore circuler à visage découvert n’est d’ailleurs plus d’actualité. Les soutiens principaux, ceux qui aspirent à un fauteuil ministériel ou une belle récompense sur le revers de leur veston, s’affichent sans étiquette ; c’est leur manière d’avancer masqués en cette période trouble et putride. Ils ont conscience de leur félonie mais ne peuvent plus faire machine arrière.

Quand ils circulent le nez en l’air dans leurs circonscriptions, ils croisent des électeurs déconfis qui leur tirent des langues de belle maire, longues comme des jours de grève. Ils sont hués, chahutés, conspués, dans la grande tradition de la fête des fous. Ils doivent se protéger, être exfiltrés d’une foule qui en viendrait vite à la bastonnade. Quoi de plus naturel après une telle pantalonnade ?

Le masque leur donne figure plus humaine. Nous ne percevons plus leurs sourires hypocrites, leurs faces de Jocrisse, leurs sourires narquois. Ils ont singé celui qu’ils ont adulé, se sont fait les chantres du mépris et de la dérision. Les propos acerbes, les remarques déplaisantes leur reviennent en pleine figure, le virus s’y dissimule, celui de la rébellion, de la sédition ou de la grande fièvre jaune.

Un cordon sanitaire est désormais déployé quand un fidèle du Freluquet vient s’aventurer en territoire hostile. Pour éviter tout risque de contamination, le bras séculier asperge la foule de produits volatiles, tentant d'aseptiser au mieux une atmosphère délétère. C’est un écran de fumée pour mieux dissimuler des interventions chirurgicales plus radicales. En effet, en cas de nécessité absolue, il convient de couper quelques mains, d’éborgner quelques meneurs afin de faire place nette. La santé des derniers soutiens du grand Freluquet est à ce prix.

Les rangs d’ailleurs s’éclaircissent. Les désertions se multiplient, nombreux sont ceux qui veulent retrouver leur dignité, pouvoir sortir la tête haute d’une farce qui n’a que trop duré. En tombant le masque, ils se rangent aux côtés de ces moutons qu’ils ont contribué à tondre. Ils ne veulent plus leur manger la laine sur le dos et font amende honorable en cessant de se mettre en marche au pas de l’oie.

La pandémie guette le pouvoir. Les uns après les autres, ceux qui ont commis la grande erreur de confier tous les pouvoirs à ce représentant de commerce du Capital, ceux-là se couvrent, dissimulent leur honte et leurs remords derrière ce petit bout de torchon blanc. Quant à la grande majorité des abandonnés, des humiliés, des laissés-pour-compte du Carnaval en Marche, ils ont compris que pour échapper à la maladie qui couve, il suffit d’enfiler une tunique jaune, une protection bien plus efficace que tout le reste.

Viralement leur.

 

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