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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Oublier notre langue, c’est trahir notre culture.

Il n’y aura plus d’après.

 

Un ami m’invite complaisamment à me rendre à un concert d’artistes pour lesquels j’ai de la sympathie. Le problème est hélas que l’intitulé de ce concert est en anglais, alors que les trois artistes s’expriment dans un français qu’ils respectent et défendent. Pour moi, cependant pas question de céder devant cette injonction permanente à affubler de termes anglophones tout ce qui veut attirer les gogos.

Bien sûr, l’association qui les reçoit et leur ouvre gracieusement sa scène ne reste pas inactive dans ce combat linguistique même si elle n’en fait pas son cheval de bataille. Elle joue la facilité, pense être résolument branchée en cédant aux sirènes d’outre-Atlantique. Il faut les comprendre, il y a tellement de personnes qui ne maîtrisent plus la langue de Molière qu’utiliser celle de Mac Donald (ne faisons pas injure à Shakespeare) est plus commode.

Laissons les à leur abandon culturel, ils acceptent de baisser la garde, de se laisser rabaisser au rang de valets d’un impérialisme qui est en train de tuer non seulement l’immense diversité des langues à travers le monde mais qui plus est, de détruire prochainement notre espèce et nombre de celles qui partagent la planète Terre. Je ne serai pas du nombre, je le déplore.

Comment agir autrement ? Ils sont déjà les plus nombreux, les plus virulents. Il occupent les médias qui furent les premiers à baisser pavillon tricolore. Les organismes culturels privés ou publics leur ont emboîté le pas. Tous ceux qui se pensent au-dessus de la plèbe jargonnent en globish et les premiers de classe sortis des grandes écoles ou pire encore des écoles de commerce n’usent que d’un sabir incompréhensible et réducteur.

Un amoureux de la langue ne devrait pas céder. Ces trois artistes le font car ils ont l’opportunité de profiter d’une scène, je ne les blâme pas mais j’aimerais qu’ils comprennent les raisons de ma non présence dans la salle. Cautionner ce serait trahir mes convictions et mon engagement pour la langue française.

Je tente peut-être vainement de changer le cours inéluctable semble-t-il d’un déclin voulu par nos élites, encouragé pour permettre de faire de la France un simple satellite de l’Empire étasunien. Les fonds de pension attendent leur heure pour fondre sur nos retraites sans que quiconque voit une relation de cause à effet entre la langue et cette hégémonie économique.

Ouvrez donc les yeux et refusez d’ouvrir la bouche dans le dialecte de l’économie en marche vers le cataclysme. C’est d’autant plus nécessaire que l’on se meut dans les sphères du spectacle vivant, de l’expression en français. Ceci n’interdit nullement d’apprécier ni même d’inviter un artiste qui s’exprime dans une autre langue, mais toujours sous la bannière francophone dans l’annonce du spectacle. La loi Toubon d’ailleurs, bafouée par tous et surtout par nos institutions, ne dit pas autre chose.

Parler une autre langue est une richesse à la seule condition de ne jamais appauvrir sa propre langue. Ils sont si nombreux à ne plus le comprendre que la cause risque d’être entendu. Qu’importe, les plus beaux combats sont ceux qui sont perdus d’avance. Je n’irai pas à ce BEFORE qui m’écorche l’esprit et me déchire le cœur. Il se peut que pour moi, il n’y ait jamais d’après. C’est depuis longtemps le cas à Saint Germain-des-Près.

On me qualifierait d’intolérant, d'obtus, de désuet, d’obsolète, de ringard, de passéiste, de pisse-vinaigre ou encore de vieillot, de demeuré ou mieux encore d’individu suranné si tout ces termes entraient dans le lexique de mes détracteurs qui ne sauront que me renvoyer un «HAS BEEN » seul vocable qu’ils ont sous la langue.

Francophonement vôtre.

Pour télécharger le disque : Après la pluie => https://www.qobuz.com/lu-fr/album/apres-la-pluie-mourad/3610152298049

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