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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

C’est mieux que rien.

Les miettes et rien d’autre.

 

 

Voilà bien une expression qui mérite qu’on s’y arrête avec un regard circonspect. Mieux que rien ce n’est certes pas grand-chose mais c’est déjà assez pour ceux qui ont pris l’habitude de ne recevoir que des miettes. C’est la grande loi des temps contemporains, l’équité n’est pas de mise tandis que les cadeaux, les avantages et les dividendes sont toujours pour les mêmes.

Fort de ce principe qui curieusement prévaut aussi dans nos prétendues démocraties, le presque rien est la mesure qui sied le mieux pour l’augmentation des minimas sociaux, du point d’indice ou toute autre mesure visant le plus grand nombre. Le bon peu comme on le désigne avec ironie dans le Sud-Ouest, va remplir les poches déjà repues de nos bons princes.

Alors va encore pour le mieux que rien car bientôt, la régression, le recul, la perte du pouvoir d'achat nous sont garantis afin de pouvoir satisfaire à l’appétit des actionnaires, ces êtres merveilleux qui sont devenus des parasites gavés du sang des miséreux. La même mesure : celle du presque rien ne vaut jamais pour les augmentations de nos charges incompressibles : électricité, gaz, autoroutes et autres dépenses auxquelles il est bien difficile de se soustraire.

L’addition pour quelques-uns, la soustraction pour tous les autres. Ce mieux que rien qui finit par n’être plus rien et souvent moins que rien au bilan final. Il faut bien prendre aux uns pour engraisser les autres et tant qu’à faire, autant toujours servir les mêmes pour ne pas faire de jaloux. Pour avaler la pilule, les statisticiens préconisent l’usage du pourcentage, la belle illusion qui nivelle par le bas et renforce toujours ceux qui sont en haut.

Curieusement, ces fameux pourcentages ne s’appliquent jamais aux amendes et autres décisions de justice. Cette fois c’est l’égalité qui prévaut, tout le monde est traité à la même enseigne par des lois toujours faites pour les privilégiés. Ainsi une amende routière de 90 euros représente presque rien pour un cadre ou un haut fonctionnaire et devient une ponction intolérable pour un allocataire des minimas sociaux.

Les malheureux sont tellement habitués d’être ainsi maltraités qu’ils ne songent même plus à réclamer que les amendes soient fonction des revenus et les augmentations désormais déterminées en une somme fixe pour tous les niveaux de salaire. Quand on prétend mettre un frein aux inégalités sociales, on devrait agir de la sorte, mais hélas, c’est exactement l’objectif contraire qui est le but des canailles qui nous dirigent.

Bien sûr mes remarques tombent vite à plat puisque les revenus des plus riches sont tronqués, dissimulés, passés dans les mains d’experts capables d’en faire disparaître la plus grande partie tandis que le pauvre salarié ou pensionné, ne dispose d’aucun artifice pour dissimuler la plus grosse part de ses ressources.

Il faudra encore longtemps se satisfaire de ce modeste presque rien qui naturellement est mieux que rien en attendant de devenir des moins que rien pour répondre aux exigences de ces beaux investisseurs, de ces merveilleux personnages qui font vivre leur argent en faisant mourir à la tâche des braves gens.

Il faudrait presque rien pour que se renverse cette situation totalement absurde. L’argent ne doit en aucune façon valoir plus que le travail. Coupons les bourses de tous les actionnaires, ça leur allégera singulièrement leurs revenus sans leur faire grand mal. Par la même occasion, changeons le système financier absurde et délirant qui nous conduit vers la grande catastrophe.

C’est effectivement bien mieux que de ne rien faire. Que tous les moins que rien se donnent la main et demain sera plus équitable qu’aujourd’hui. Au lieu des vœux, passons à la grande lessive. Le libéralisme et le Capitalisme sont les deux faces d’un monstre odieux, responsables du plus grand crime contre l’humanité. Il est temps de les éradiquer comme on élimine une bête nuisible.

Utopiquement vôtre.

 

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K
Je m'arrête quelque seconde sur «la perte du pouvoir d'achat», qui s'applique essentiellement aux classes moyennes.<br /> Quel sous-entendu cette expression matérialiste désigne t'elle ? La perte de vacances à Ibiza ? Le dernier téléviseur en vogue ? Des fringues de marque vendues à un prix exorbitant, et fabriqués par des Chinois exploités ?<br /> <br /> Pour ma part, j'appartiens à cette catégorie sociale où la perte de ce pouvoir d'achat se traduit dans mon caddie. Mais je ne m'estime pas le plus défavorisé, carjje peux nourrir encore ma famille avec des denrées de bonnes ou moyenne qualité ; quand j'observe tant d'autres personnes de ma catégorie sociale (France moyenne) se rabattre sur les premiers prix, davantage par nécessité que par choix.<br /> C'est peu être cela qu'il faut entendre par perte de pouvoir d'achat : perdre le droit de se nourrir sainement. La sélection par le fric s'opère absolument partout
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C
Kakashi<br /> <br /> Cette perte de pouvoir d'achat vaut surtout par l'augmentation des dépenses implicitement imposées par ce modèle économique.<br /> Pour ma part, échappant au téléphone portable, à ses forfaits absurdes, je m'en tire bien et je peux manger à ma convenance