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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le pèlerin du petit matin

Fred, lui a deux ailes ...

 

Il était une fois un écriveur compulsif qui chaque jour comme une bouteille à la mer, lançait un message pour qui voulait bien le lire. Dans le même temps, l’homme avait pris sa besace pour traverser une moitié du pays du nord au sud, pour rallier Albi à partir d’Orléans. C’est ainsi que chaque jour, il offrait un récit issu de son périple : rencontres, personnages atypiques, anecdotes, portraits divers.

Parmi les lecteurs qui en ce temps lointain de la naissance des blogs, il y avait une dame qui avait pris comme pseudonyme :  « Même pas mal ». Chaque jour, elle venait glisser un commentaire, une remarque agréable qui fit que bientôt s’établit entre le marcheur et sa lectrice une relation amicale.

Au fil de ce lien épistolaire, l’homme remarqua que la dame avait une petite idée en tête, non pas de celle qui parait-il se noue habituellement sur cet espace délicieusement anonyme et discret, mais tout au contraire, une envie fort avouable de faire comprendre quelque chose à celui qu’elle lit quotidiennement, une impression qui la taraude et ne s’exprime pas aisément.

Le temps passa, la relation épistolaire en tout bien tout honneur dura sans que ne soit précisée cette remarque qu’elle ne savait pas comment placer. Puis un jour, l’occasion fit le larron, un spectacle était programmé à Paris et la dame se lança à l’eau : « Depuis longtemps je pense que votre écriture est celle d’un conteur. Vous me faites penser au meilleur de ceux de mon Québec, Fred Pellerin. Je vous invite à venir l’écouter et vous comprendrez alors ce que je ne suis pas parvenue jusque là à vous faire comprendre ! »

L’homme fut surpris, flatté certes mais dubitatif. Conteur lui ? Il n’en avait pas l’envergure ni le talent… Il lui fallait pourtant aller au bout de cette proposition, accepter l’invite d’autant que la proposition était parfaitement honnête, Jo (tel est son prénom) ayant proposé deux places afin que l’homme ne vint pas seul.

Le spectacle de Fred Pellerin, le littérateur des Trois-Rivières, le laissa admiratif tant le personnage était truculent, drôle, émouvant tout autant que circonspect ; il était bien loin de se comparer à cet artiste véritable. La dame insista : « Vous devriez oser ! Votre style d’écriture est proche du sien. Vous n’avez plus qu’à franchir le pas... » Voilà un drôle de cadeau en somme que ce conseil qui resta quelque temps lettre morte.

Puis, les circonstances tout autant que ce petit grain semé par la dame en décidèrent autrement. Une association de Châteauneuf-sur-Loire voulait relancer la Saint Nicolas. Il avait été invité à l’une de ses réunions et c’est là, par défi sans doute ou faute de pouvoir proposer autre chose, l’homme suggéra d’écrire pour l’occasion un Conte. Une petite voix soufflait dans son esprit :  « Vous voyez, je vous l’avais bien dit ! ».

Le conte fut écrit, curieusement il mit en scène le personnage qui allait devenir le conteur des bords de Loire aux pieds nus. Il ne lui manquait plus que l’audace ou la folie de dire lui-même ce premier récit. Il n’osa pas, il voulut simplement le lire, ne se pensant pas capable de mémoriser ou d’interpréter ce qu’il avait imaginé.

Le premier pli pourtant avait été pris. Il se mit à écrire des contes et des fables, s’essaya moins habilement à la chanson. Il ne lui restait plus qu’à trouver des interprètes pour dire à sa place. C’est dans une autre fête ligérienne à Bou qu’une âme charitable le poussa sur scène. Il ne voulut plus en descendre, Jo avait raison même si il y avait encore beaucoup à peaufiner pour ne serait-ce qu’approcher de très loin la virtuosité de Fred Pellerin.

D’autres encore crurent que ce diable de personnage pouvait y parvenir. L’association du Liger Club de l’orléanais lui donna à plusieurs reprises ce coup de pouce qui donne de l’élan. Il abandonna petit à petit ses tics et ses principaux défauts. Il comprit que jamais il n’égalerait celui à qui en définitive, il devait sa surprenante reconversion. Maintenant, il raconte son Village d’en-France comme son modèle évoque Saint Élie de Caxton. La comparaison hélas s’arrête là.

Samedi, le Québecois se produit à la Chapelle Vieille de Saran. Le Bonimenteur ira l’écouter, comme un retour aux sources avec une immense émotion. Il mesurera le chemin parcouru et celui qui lui demeurera à jamais impossible de boucler pour égaler cet immense artiste du verbe. Ceci valait bien un récit impudique.

Admirativement sien.

 

Fred Pellerin

 

 

Fils de comptable agréé, Fred Pellerin est devenu conteur agréable par mégarde. Déformé en littérature à l'Université du Québec à Trois-Rivières, il a développé une soif d'histoires, mais surtout une forme de nostalgie d'un temps qu'il n'a pas connu. Depuis quelques années, il puise à la mémoire des anciens et porte les vieilles histoires dans toutes les oreilles qui s'offrent à lui. Les contes de Fred ont ceci de particulier qu'ils sont vrais en général. Véritables, comme des contes de faits, hauts et forts, qui parlent d'eux-mêmes, et qui sont d'ailleurs trop beaux pour n'être que mensonges. De toute façon, il n'y a qu'à le savoir: l'important ce n'est pas d'y croire ou non. Ce qui conte c'est que ce soit vrai.

Un conte de Saint-Élie-de-Caxton en image fixe

=> https://www.youtube.com/watch?v=8X75xX6ApfA

 

Un spectacle du Fred Pellerin

Les histoires de Fred Pellerin sont celles de son village : Saint-Élie-de-Caxton, petit village québécois de la Mauricie, «où les lutins et les fées s’écrasent dans les pare-brises le soir». Anecdotes, potins, rumeurs passent à la moulinette de Fred Pellerin pour en ressortir sous forme de contes pour adultes. La frontière entre réalité et imaginaire est ténue et toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé n’est pas fortuite. Et la force de ce formidable bonimenteur est, sans être démagogique, de nous raconter des histoires… toujours vraies! Fred Pellerin met des enjoliveurs à la surréaliste banalité, brasse notre mémoire collective par ses acrobaties verbales.

=> https://www.youtube.com/watch?v=CxgCl289guA

Fred Pellerin chante également avec Céline Dion

https://www.youtube.com/watch?v=nZiNt_lxr7w

Une dernière vidéo pour le plaisir

https://www.youtube.com/watch?v=7IaTMSG8znc

Une histoire de mensonge sur l'homme le plus fort du monde de Saint-Élie-de-Caxton : Ésimésac Gélinas. Homme peu reconnu dans nos records contemporains, Ésimésac appartint à la race des surhormonés musculaires, au même titre que ces Louis Cyr et autres Montferrances. Il fut un homme qui se démarqua par l'originalité de ses forçures, mais surtout par une modestie sincère qui le garda dans l'ombre. Il porta, à sa façon, le village sur son dos.

Le jour où tout bascula pour C’est Nabum, lorsqu’on lui fit découvrir Fre Pellerin

=> http://www.chroniques-ovales.com/article-jusqu-a-saint-elie-de-caxton-61070766.html

Merci encore Joe

 

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