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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le torche-cul à un tourment de l’histoire planétaire.

Un billet inféodé au modernisme

 

 

Revenons à cette nécessaire introspection sur un geste qui quoique quotidien, nécessaire et universel n’en demeure pas moins totalement révélateur de nos pratiques sociétales et de notre niveau de vie. Comme le disait si bien ma grand-mère : « Qui va à la chasse, perd la face ! ». Cette affirmation prouve bien que nous n’avons jamais su intégrer que nous devions tous en passer par là, quels que soient nos rangs sociaux.


Or donc, si le papier se fraie un chemin vers l’anus lors de la Renaissance, l’élite, plus respectueuse sans doute de la chose écrite utilise des linges pour s’essuyer le derrière. Chez les bourgeois, si l’on chie dans la soie, on s’essuie dans le lin. Les nobles quant à eux, lui préfèrent le velours et même le satin pour conserver une peau de pêche. Une maîtresse de Louis XV avait même recours à de la dentelle, sans doute parce qu’elle n’était jamais sujette à la diarrhée.

Pour ne pas que le beau linge demeure merdeux, le papier, hélas moins agréable au toucher, fait sa percée comme objet de torchage. Ce n’est certes pas le papier toilette d’aujourd’hui. La récupération fonctionne déjà à plein ce qui conduira plus tard à l’incontournable papier journal de nos tinettes.

Le XIXème siècle sera marqué par un événement considérable qui transformera la face du Monde : l’invention du papier toilette. Les anglais, toujours prompts à tirer avant nous s’y mirent en 1850 tandis que c’est naturellement un américain qui lança la première fabrication industrielle. Le coût excessif de la chose réfreina les ardeurs des consommateurs, qui à l’époque se mirent à lire quotidiennement la presse d’une fesse distraite.

L’après seconde guerrière mondiale sera marquée par l’arrivée du chewing-gum et du papier toilette dans nos campagnes. Sans doute par analogie, c’était alors un « bulle corde », ce redoutable papier marron de si peu d’effet. Les trente glorieuses permettent le surgissement de la ouate de cellulose qui nous fera rentrer dans l’ère de la délicatesse sophistiquée et polluante.


Les Français, dans l’euphorie de la croissance de l’époque, multiplieront par 10 leur consommation annuelle jusqu’à tutoyer les 5 kilogrammes de PQ par an. Ce procédé n’est pas nécessairement dans les petits papiers de nos voisins. Dans les pays musulmans pour lesquels l’hygiène est aussi pratique rituelle, le nettoyage à l’eau exclusivement effectué de la main gauche est la règle.

Notons que le papier rangé à plat, invention française qui libérait un petit carton sur lequel on notait la liste des courses à venir cède du terrain au profit du rouleau qui fait son chemin. Cependant si en France, on reste fidèle au papier qu’il faut préférer blanc et sans parfum pour des raisons évidentes de respect de l’environnement, on observe dans les pays les plus évolués en ce qui concerne l’hygiène, sa disparition progressive.

Des toilettes automatiques informatisées venues du Japon vous lavent le fondement, le sèchent et peuvent aussi le parfumer. Elles détrônent ainsi l’usage du PQ tout en apportant une réponse beaucoup plus environnementale au débat. Rien pourtant ne vaut pour la Planète la toilette sèche, qui préfère le copeau sans pour autant ne rien envisager de concret pour la partie cul.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus et qui souhaitent installer un ouvrage de référence dans le petit édicule qui sert de confinement lorsqu’ils sont sur la chaise percée, je les invite tout en poussant à lire l’ouvrage « Histoire et bizarreries sociales des excréments » de Martin Monestier. C’est une étude sérieuse, documentée et passionnante sur l’histoire de ce moment essentiel de notre existence qu’il convient de ne pas évacuer d’un trait de plume.

Allez, tous au fond du jardin pour sauver notre Planète.

Annalement vôtre.

 

 

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