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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

En faire une jaunisse.

Maladie de foie.

En faire une jaunisse.

Crise de régime.

 

 

Si le peuple déverse ainsi sa bile c’est qu’il n’a plus foi en ses prétendus responsables qui agissent pour le compte d’intérêts totalement opposés à ceux du plus grand nombre. La jaunisse est à ce titre la maladie par excellence du rejet de ce qui ne passe pas, des éléments nocifs au corps social. Il n’est donc pas surprenant que les manifestations soient sporadiques, virulentes et qu’elles laissent un goût amer dans la bouche de ceux qui veulent la commenter. Les contempteurs de ce mouvement profond et viscéral déversent un torrent de propos bileux, d’insinuations indigestes, de comparaisons qu’ils vomissent avec morgue pour salir ce qui leur échappe totalement.

La jaunisse joue tout à la fois sur la caractère et la capacité d’analyser sereinement la chose. Ne jetons pas la pierre à ceux qui n’avaient pas perçu la toxicité d’une nouvelle composition de la classe politique. Faire une fausse route quand on se pense en marche semble un risque assez naturel que la médecine a souvent mésestimé.

Il est vrai que le pays n’était pas au mieux, qu’il avait sans aucun doute besoin d’une thérapie de choc, d’un traitement nouveau pour lui redonner force et vigueur. Freluquet joua les Diafoirus, il fit avaler des potions amères, mit les anciens et les plus pauvres au régime sec tandis qu’au nom de la théorie du ruissellement, il gava les plus riches. Le régime maigre pour la plèbe, gras pour les élites n’eut hélas pas les effets escomptés. Le rejet semblait inévitable.

Il se manifesta par une belle épidémie de jaunisse à travers tout le pays. Une crise qui paradoxalement donna mauvaise mine et figures déconfites à ceux qui en étaient préservés. La coupure des voies de communication routière pour symbolique qu’elle était n’en signifiait pas moins le rejet catégorique d’un traitement de cheval vapeur. La coupe était pleine et le réservoir vide.

Ne taxons pas les porteurs de gilet d’intolérance et d’extrémisme. Quand son chien est malade, il est aisé de l’accuser de la rage sans se soucier de savoir pourquoi il aboie ainsi et que parfois il bave devant les délices qui lui passent sous le nez sans qu’il y ait droit. Se contenter de crier au loup parce que se mêlent dans un mouvement unanime, bien des sensibilités différentes, opposées parfois, contradictoires dans leurs desseins sans doute, c’est se focaliser sur la manifestation cutanée sans rien comprendre à la profondeur d’un malaise qui relève de plus en plus du rejet irréversible.

Tous ces doctes personnages qui montrent du doigt la multitude atteinte de jaunisse ont bonne conscience en les accusant de tous les maux à commencer par le plus redoutable depuis quelques décennies : POPULISME, comme si le peuple par essence avait toujours tort (sauf quand il vote pour eux). Ces pauvres gens auraient des tentations totalitaires, se focaliseraient stupidement sur un point de détail, feraient preuve d’un égoïsme honteux, seraient inaudibles car désorganisés, n’auraient aucune légitimité à s’exprimer puisque n’appartenant à aucune instance reconnue officiellement. C’est en quelque sorte la négation du peuple par ceux-là même qui sont chargés de le représenter ou aspirent à le faire. Nous en prenons bonne note. À l’avenir il convient de ne plus accorder la moindre considération à ceux qui méprisent de la sorte la souveraineté des citoyens.

Toujours est-il que la jaunisse se fait contagieuse, qu’elle n’a pas besoin de se manifester dans les médias pour trouver des sympathisants innombrables. Si la parole n’est accordée qu’à ceux qui vilipendent le mouvement spontané, l’opinion publique quant à elle ne s’y trompe pas et applaudit même si elle ne participe pas aux actions. La coupure est totale entre l’oligarchie et le pays réel. Les élites et supposées telles ont les foies ! Quel curieux renversement des valeurs...

Les petits remèdes proposés par un pouvoir qui prétend ne jamais se laisser dicter sa conduite par la rue mais qui propose néanmoins des mesurettes pour calmer la colère de l’heure ne sont pas de nature à réduire la crise de foie. Le pays n’a plus foi dans ceux qui prétendent les représenter, les partis sont réduits à peau de chagrin, le pouvoir est aux mains d’incompétents fêlons ; les syndicats ne représentent le plus souvent qu’eux-mêmes, les médias ne donnent la parole qu’à ceux qui n’ont rien à dire. Le constat est terrible, cette République fait un rejet, une crise d'acétone qui nous évacuera en spasmes douloureux toutes les canailles qui ont tant méprisé le peuple.

Hépatiquement leur.

 

En faire une jaunisse.
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