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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Enfin !

Chapeau bas

Enfin !

 

Une leçon de sincérité …

 

Comme quelques millions d’auditeurs, j’ai écouté en direct l’entretien de Nicolas Hulot lors de la matinale de France-Inter. J’étais une fois encore sans illusion sur ce qu’allait pouvoir dire cet homme, pris dans les filets d’une politique où rien de ce qui est dit n'est en rapport avec le fond de la pensée de celui qui parle. Il allait devoir, c’est du moins ce que je pensais alors, trouver une fois encore des arguties pour justifier la dernière décision sur la chasse, adoucir les effets catastrophiques de cet été de tous les désordres climatiques, avaler d’autres couleuvres encore par loyauté gouvernementale.

Et soudain tout a basculé. L’honnête homme a pris le pas sur le ministre d’opérette, celui qui forcément tenait un discours de circonstance, enveloppait la réalité dans un emballage d’illusions. Tout craqua devant nous avec cette force unique que donne la voix quand l’image ne vient pas apporter son lot de parasites. La gorge serrée, l’honnêteté à fleur de peau, l’individu a quitté les oripeaux du démagogue contraint pour renoncer enfin à servir de caution à des canailles certes mais pire encore, à des monstres cyniques qui par pure idéologie sacrifient la planète et les générations futures.

À l’autre bout du poste, j’étais moi aussi touché par l’émotion de cet homme que j’avais moqué, critiqué, vilipendé dans un billet acerbe parce que j’avais douté de ses convictions réelles devant tous les échecs qu’il avait dû entériner. Bien que défendant une cause essentielle, vitale, d’une extrême urgence, il devait en rabattre régulièrement au nom de ce redoutable pragmatisme, l’alibi des couards pour ne rien faire pour sauver la Planète. Cette fois, la chape de plomb se lézardait avant que de s’effondrer. Pour monsieur Hulot, ce n’était simplement plus possible, cette fois, j’étais tout à fait en phase avec lui.

La planète brûle, les dirigeants s’en lavent les mains. Incapables de sortir d’un modèle délirant qui conduit toute l’humanité à sa perte, les représentants de commerce du libéralisme se font les gentils fossoyeurs du monde futur tout en continuant de soutenir les assassins de l’espoir. Le Président est un libéral forcené, un être sans foi ni loi vis à vis de l’écologie, un individu incapable de sortir des schémas de pensée du passé. Nicolas Hulot ne l’a pas dit ainsi, par amitié, par souci de ne pas en rajouter encore alors qu’il vient de briser l’image de gentil que le marcheur s’était octroyé en prétendant de manière totalement mensongère que l’écologie était au cœur de ses préoccupations. Maintenant nous savons que Freluquet n’en à rien à faire, qu’après lui comme après tous les autres, le déluge peut faire son œuvre, il lui aura apporté sa pierre !

Nous sommes tous responsables de la catastrophe climatique à venir. Monsieur Hulot l’affirme et cherche ainsi à atténuer l’immense responsabilité de TOUTE la classe politique, ces gens qui continuent contre toute évidence, toute vérité, à défendre le nucléaire, ce poison mortel qui tôt ou tard sèmera la mort dans notre pays. C’est encore les mêmes qui défendent une agriculture qui empoisonne et détruit la terre, c’est toujours ceux-là qui favorisent un système économique fondé sur l’injustice, l’exploitation, les inégalités, la destruction des ressources.

Nicolas Hulot, ce matin-là, a souhaité libérer sa conscience. Il va être qualifié de traître, de pantin, de girouette, de toutes sortes de noms d’oiseaux par nos chers responsables qui pourront tout à loisir lui tirer dessus d’autant plus facilement que cet effroyable gouvernement vient de favoriser la chasse aux bêtes à plumes. Mais ce n’est pas l’écologie qui a du plomb dans l’aile, ni encore le seul ex-ministre d’état qui tombe en piqué, c’est tout notre mode de vie qui va s'effondrer à cause de la catastrophe climatique à venir, une calamité digne des écrits bibliques et que tous ces irresponsables politiques ont favorisé depuis deux cents ans.

Chapeau monsieur Hulot. Vous avez osé dénoncer ces canailles, refusé de cautionner plus longtemps ce suicide universel. Vos propos vous honorent, votre démission devrait constituer le point de départ d’une immense prise de conscience collective tout autant que d’une colère destructrice pour ce système étatique uniquement au service des puissances de l’argent. Hélas, il n’en sera rien, l’indifférence et la cécité continueront à paralyser nos concitoyens, décérébrés par les mensonges de toutes les impuissances politiques.

Il n’y a jamais eu dans l’histoire de l’humanité un péril aussi massif, aussi mortel, aussi proche. Nous sommes entrés dans l’anthropocène, la sixième disparition des espèces, dont sans doute Homo-Sapiens est le seul responsable de ce drame terrible. Pour une fois, chaque individu de cette planète dispose s’il veut s’en donner la peine, de l’information, connait les enjeux et les risques, l’imminence de la catastrophe. Pourtant, rien ne se passe par lâcheté, par conformisme, par refus de changer sa manière de vivre, par aveuglement et facilité.

Merci monsieur Hulot d’avoir donné ce coup de pied salutaire dans la fourmilière. Vous avez cru bien naïvement qu’il était possible de changer le cours des choses, d'empêcher la tragédie prochaine. Vous vous êtes trompé et vous l’avez reconnu. J’en suis encore tout retourné même si au plus profond de moi, je suis persuadé que l’irréversible est atteint, que rien ne changera, que nous allons collectivement à notre perte par la faute de ceux qui se prétendent partout dans le Monde, responsables politiques.

Irresponsablement leur.

 

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