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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les nouvelles aventures de Berlaudiaud

La Sologne en folie
Les nouvelles aventures de Berlaudiaud

Brèves de déraison

 

 

Berlaudiaud est un homme plein de ressources et d’esprit, il a toujours le mot ou la pirouette pour se sortir d’une situation scabreuse. Les uns le prennent pour un fou, d’autres pour un sage, il est sans doute un peu des deux. Nous allons suivre ici quelques-unes de ses frasques.

 

Berlaudiaud dispose d’un mulet dont il est particulièrement fier. L’animal est obéissant, costaud et résistant. Il fait même des envieux dans son village. C’est ainsi qu’un jour, un voisin vient lui réclamer le mulet pour effectuer des travaux dans ses champs. Berlaudiaud de se désoler, sa femme est partie porter du grain au moulin avec le mulet, ce n’est donc pas possible. L’homme s’en retourne navré lorsqu’un peu plus loin, il entend braire l’animal. Le voisin revient en colère contre Berlaudiaud, le traite de menteur et de mauvaise personne. Berlaudiaud de s’emporter alors contre lui, lui exprimant son ire et déclarant : « Voisin, je constate avec déplaisir que tu crois d’avantage mon mulet que moi ! »

 

Berlaudiaud, en bon solognot qu’il est, un jour, cloua une chouette à la porte de sa grange. Un enfant, choqué par ce geste cruel, vint lui demander pourquoi diantre, il faisait cela. Berlaudiaud, homme superstitieux lui déclara alors qu’ainsi, il entendait chasser de sa ferme les lions et les tigres. L’enfant surpris par cette réponse s’étonna et lui dit : « Mais Berlaudiaud, il n’y a pas de fauves en Sologne ! » Sans se démonter, Berlaudiaud répondit : « Tu reconnais par toi-même que ça marche ! »

 

Berlaudiaud ce jour-là partit à la pêche en Loire. Il s’équipa d’un bâton de vacher auquel il attacha une lieuse au bout de laquelle il fixa une carotte. Arrivé sur la berge, il se mit en action dans ce curieux équipage. Un pêcheur plus habile, s’en vint s’étonner de cette technique vouée à l’insuccès. Berlaudiaud alors de s’expliquer en déclarant très sérieusement qu’il avait appris qu’un banc de mulet remontait la rivière et qu’il comptait bien en attraper quelques-uns.

 

Berlaudiaud homme spirituel aime tout particulièrement les vins et les spiritueux. Il dispose d’une cave exceptionnelle qui fait bien des envieux. Justement son voisin, grand amateur de digestif est venu quémander un verre d’Armagnac, ayant appris qu’il en avait un dans ses casiers, de plus de cinquante ans d’âge. Berlaudiaud de s’indigner et de lui répondre du tac au tac : « Voisin, comment voulez-vous que je garde si longtemps mon Armagnac si j’en donne à n’importe qui ? »

 

Berlaudiaud, ce jour-là, sans doute de retour de la taverne, est en colère contre lui-même. Il est là devant sa porte fermée à clef à fouiller vainement dans ses poches à la recherche du précieux Sésame. Un vagabond passe, un pauvre hère qui va sur les chemins. Au passage, il s’enquiert de la raison de tous ces jurons qui sortent de la bouche de Berlaudiaud. Celui-ci explique son courroux quand le trimard lui réplique sans appel : « Toi au moins, tu disposes d’une porte ! »

 

Un jour qu’il se trouvait fort démuni, Berlaudiaud qui n’avait rien mangé depuis quelques jours fit un rêve. Il avait trouvé une marmite dans laquelle il y avait un formidable ragoût. Il se dépêcha de quérir un réchaud afin de mettre à chauffer ce précieux trésor. Au moment où il claquait une allumette, il se réveilla. Berlaudiaud en colère contre lui, de déclarer « J’aurais dû manger froid! »

 

Le fils de Berlaudiaud vint le voir un matin, ayant sans doute une idée derrière la tête. « Père, j’ai rêvé cette nuit que vous me donniez une pièce de vin blanc afin que je célèbre mon départ à l’armée » Berlaudiaud, ravi de ce songe, tapa sur l’épaule de son rejeton : « Parfait mon fils, tu n’as qu’à la garder et tu pourras ainsi inviter tous tes amis à boire mon délicieux Auvernat ».

 

Dans le pays il n’a pas plu depuis plus de 3 mois. Les rivières sont à sec ainsi que les marres et les réserves sont vides. Dans le village se désole le maire qui décide de solliciter les immenses ressources du gars Berlaudiaud, celui-ci n’est jamais en mal de d’idées. Voyant l’échevin, notre lascar réclama qu’on lui apporte un baquet d’eau. Le maire de s’étonner car justement c'est ce qui manque dans la contrée. Berlaudiaud insiste et des villageois finissent par trouver assez d’eau pour satisfaire sa requête. Berlaudiuad quitte alors sa biaude et se met en demeure de la savonner à grande eau, au dépit de toute l’assistance. Ayant achevé son lavage, il va dans son jardin étendre sa lessive. Il n’a pas fini de l’accrocher sur le fil à linge que la pluie se met à tomber. Le maire s’approche de lui et l’interroge sur ce miracle. Berlaudiaud de répondre « C’est bien simple, chaque fois que j’étends mon linge, la canaille du ciel m’envoie toujours de la pluie sur ma lessive ! ».

 

Berlaudiaud erre comme une âme en peine dans les rues du village. Il traîne la jambe, ne semble pas être au mieux de sa forme. Justement, il passe devant l’auberge où son ami Gaston est attablé devant un succulent coq au vin.  « Qu’as-tu l’ami, tu as la mine des mauvais jours ? »

« Ne m’en parle pas, lui répond le Berlaudiaud, ça fait trois jours que je n’ai rien mangé. » L’autre de s’enquérir de sa santé, de s’interroger sur l’état de son estomac ou de son foie, zones toujours très sensibles chez notre homme. « Mais non, ça n’a rien à voir ! C’est simplement que depuis trois jours, personne ne m’a invité ».

 

Berlaudiaud un jour qu’il vidait son grenier tomba sur une lampe magique. Il la prit et naturellement en sortit un bon génie. Ce dernier se tourna vers notre brave solognot et lui proposa d'exaucer trois vœux, s’attendant à quelques fantaisies de la part de ce trop brave homme. Berlaudiaud se gratta la tête, réfléchit longuement au risque de lasser le génie qui avait sans doute mieux à faire. Finalement au terme d’une réflexion intense, Berlaudiaud demanda que le génie le rende intelligent. L’autre de satisfaire ce vœu d’une grande complexité. Notre personnage s’en trouva métamorphosé, y compris physiquement. Le génie alors de lui demander ses deux autres vœux et le gentil Bazin de lui répondre que désormais, il n’aurait plus besoin de rien d’autre.

 

Berlaudiaud, pauvre chemineux devant l'éternel, homme de rien riche de sa seule sagacité croisa un riche marchand qui allait à la foire avec un mulet. La bête de somme portait deux sacs, gonflés et semblant fort lourds. Berlaudiaud interrogea le marchand sur le contenu des sacs, non par envie mais tout simplement pour assouvir son insatiable curiosité. L’homme lui répondit que dans un sac était de la myrrhe et que l’autre était rempli de sable de Loire. Notre brave solognot de s’interroger sur le fait de transporter ainsi du sable et son interlocuteur de lui répondre qu’il ne s’agissait ici que d’équilibrer la charge. Notre Bredin de lui suggérer alors de vider le sable et de répartir harmonieusement dans les deux sacs la charge de la précieuse myrrhe. Le commerçant demanda alors à Berlaudiaud l’état de sa fortune, sa situation dans la vie, notre homme de lui répondre qu’il n’était rien qui vaille, un traîne latte qui avait la prétention de raisonner parfois. L’autre de se moquer de lui, de lui rire au nez et de ne pas tenir compte de son conseil. Il n’avait rien démontré dans son existence à quoi bon tenir compte de conseils qui n’avaient jamais rien rapporté à celui qui les proférait. Le naïf haussa les épaules et laissa partir ce pauvre type, riche d’argent mais si pauvre d’esprit pratique.

 

Berlaudiaud a décidé de tenir une petite auberge de Sologne. Le succès n’est guère au rendez-vous. Un jour pourtant des bourgeoisiaux arrivent, en tenue de chasse et lui réclament une omelette aux girolles. Notre homme se frotte les mains et se hâte de les servir avec un petit sourire en coin. Les convives se régalent, boivent un petit vin du pays et réclament la note. Celle-ci arrive et à leur grand étonnement elle est particulièrement salée. L’un deux de s’étonner de de demander si les girolles sont rares cette année. L’idiot répond goguenard : « Non, pas plus les girolles que les œufs par chez nous. Ce sont les convives argentés qui le sont ! »

 

Déraisonnablement sien

 

 

 

 

 

Les nouvelles aventures de Berlaudiaud
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