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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le festival de cannes.

Mieux qu’au cinéma

Le festival de cannes.

Des acteurs au pied levé

 

 

Nous avons l’infini bonheur depuis quelque temps de pouvoir assister à la plus grande représentation d’improvisation théâtrale et de mime qui soit donnée d’admirer. Des artistes venus du monde entier, font assaut de cabrioles et de roulades, de grimaces et de larmes feintes chaque fois que l’occasion se présente et même parfois de manière totalement spontanée. Tout est prétexte pour eux à démontrer ainsi leur talent, de feindre, de simuler, d’en faire des tonnes pour attirer la compassion et parfois une injuste récompense sanctionnant celui qui pour eux, est un adversaire à abattre.

Dès qu’un quidam malveillant, jouant dans le camp opposé, les effleure, les bouscule légèrement, leur accroche qui un bras, qui une partie de leur vêture, c’est alors la grande comédie, la chute, l’effondrement en pleine course, les plaintes et l’appel des secours. Ce spectacle sombre alors dans la tragédie tout en ne cessant de nous surprendre, de nous affliger tout autant que de constituer un lamentable exemple pour la jeunesse, friande de ce cirque éhonté. Ces acteurs sont capables de choir au moindre coup de vent, ils sont d’une fragilité incroyable et méritent notre plus méprisante commisération.

Pire encore que l’accrochage, le sournois croc-en-jambe les met dans tous leurs états. Qu’il soit frontal ou bien latéral, insidieusement déclenché par derrière, le pied au ras du sol ou quelque peu levé, c’est à chaque fois une pantomime absurde, une série de roulés-boulés qui nous laisse croire à la fracture et parfois à l’amputation. C’est tout juste si nous aurions envie d’appeler les pompes funèbres plutôt que les soigneurs. Puis l’instant d’après, les comédiens courent à nouveau comme des lapins vers une gloire illusoire.

Ils feignent, ils trichent, ils simulent, ils meurent l’espace d’un instant avant que de ressusciter sous nos yeux ébahis. C’est en cela seulement qu’ils sont les dieux du stade final de la décrépitude humaine, incarnations diaboliques de notre seigneur Jésus Christ. Chantres de la décadence, ils sont les plus mauvais comédiens qui soient ce qui se confirme immédiatement et de manière dramatique quand on leur tend un microphone. Car là, ils trébuchent vraiment, au moindre mot compliqué, à la plus petite tournure grammaticale délicate, ils se vautrent lamentablement à l’insu de leur plein gré, bafouillent, se répètent, éludent la question sans même savoir ce qui signifie ce verbe.

Nous comprenons mieux quand c’est à la tête qu’ils reçoivent un coup. Ils se la tiennent à deux mains, surpris de découvrir qu’ils sont munis de cette étrange excroissance qui habituellement ne leur sert à rien en dehors de pousser du vent dans des rets. Ils cherchent vainement une trace de sang, une bosse, une marque tangible de plaie afin de condamner l’autre à quitter la scène, le chef tranché par le juge de paix. Une poche de glace suffit dans tous les cas à leur remettre les idées en place, d’autant plus aisément qu’ils en sont totalement dépourvus !

On se délecte de ce spectacle unique, le seul qu’ils soient réellement en mesure de nous offrir. Pour le reste, les calculs, les organisations stratégiques, le plan d’occupation du pré, la tactique choisie par le metteur en scène, tous ces éléments associés à leur peu d’envie de rester debout, nous donneraient une représentation insipide. Fort heureusement, ils ont reçu des cours afin de mieux tromper le jury, pour obtenir réparation et provoquer la compassion.

Il en va de même encore quand par miracle, ils atteignent leur objectif, le but de leur courses erratiques. C’est alors une célébration digne des grandes cérémonies de César. Ils se congratulent, s’empilent les uns sur les autres, se sautent dessus, se bousculent sans même ressentir la plus petite douleur. Pire encore, ils se livrent à des chorégraphies qu’ils ont répétées à l’entraînement, seul travail réel qu’ils consentent.

Il leur arrive parfois de parler, si ce verbe peut rendre compte des altercations auxquelles ils se livrent et dont hélas, nous n’entendons rien. Ils vocifèrent, se menacent, montent sur leurs ergots, crachent, vitupèrent, se lancent dans des algarades ahurissantes, ils se bousculent, se toisent, se défient, dans une déplorable sarabande. Ils se mettent même à plusieurs pour s’en prendre à un seul et font d’autant plus leur cinéma que désormais la vidéo vient se mêler de leurs ébats irascibles.

Ce sont les acteurs les mieux payés au monde. Pauvres pantins sans talent, ils fascinent cependant plus de la moitié de la planète. À croire que les humains sont devenus déments pour honorer ces Guignols. Le rideau se baissera bien un jour sur cette farce honteuse, ce festival de cannes en crampons et protège tibias. Les acteurs sont si mauvais que je renonce à citer l’activité qui est la leur, vous l’aurez sans doute compris à moins que vous ne soyez vous aussi un supporter inconditionnel de cette mascarade !

Débaclement leur.

Le festival de cannes.
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