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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

J’en reste sans voix.

Plus pitre que pupitre !

J’en reste sans voix.

Le canard était ligérien.

 

Chanter dans une chorale c’est se plier à une discipline collective rigoureuse, respecter le tempo et ne pas présenter une note personnelle. C’est encore suivre à la clef les indications du maître de chœur tout en suivant sa partition à portée d’œil. Voilà bien ce dont je suis totalement incapable ayant une oreille musicale qui confine à la surdité tout en étant, hélas d’une indépendance farouche vis à vis de la mélodie. En d’autres termes, je suis incapable de chanter juste ce qui nuit gravement à la participation dans un groupe vocal.

Que faire dans pareil cas ? Il y a malgré tout un vrai plaisir à se trouver dans un collectif qui tente de chanter. Faire semblant serait sans doute la plus raisonnable attitude afin de ne pas troubler la belle harmonie d’ensemble. J’ai acquis en la matière une belle technique pour le « play-back », terme anglophone dont je ne trouve pas d’équivalent en notre langue.

Cela dit, il faut bien admettre que l’illusion ne peut durer qu’un temps. Le soupir ainsi prolongé, tout un concert, parait suspect à qui l’oreille fine. Il est évident qu’une basse dans le fond se contente de jouer les utilités, faisant nombre mais rien de plus. Quand le masque tombe, il est préférable de trouver une fonction plus en adéquation avec le personnage.

C’est ainsi que d’apprenti chanteur je suis devenu maître parleur. Et rester sans voix était bien trop douloureux pour moi, il me fallait trouver une dérobade, prendre la clef des chants pour ouvrir une autre porte, de secours celle-ci. La répartition des rôles fut clairement défini, les choristes chantent, le chef dirige et je me contente de faire le pitre, abandonnant ce pupitre qui me fait tant souffrir.

Mon incroyable propension à la « jouer perso » fut entièrement satisfaite par ce rôle de soliste qui ne détonne pas. Parler est plus aisé pour un Bonimenteur, il suffit seulement de savoir où placer sa voix. C’est ainsi qu’entre deux morceaux, je me suis glissé dans la peau de Jean-Christophe Averty, jouant de la gamme encyclopédique pour distraire le public.

Ne sachant jamais rester sérieux, le numéro a rapidement dérapé du côté de l’opéra comique, les trilles du chanteur en moins. Présentateur certes mais burlesque pour ne pas transformer la petite incision explicative en un pensum désagréable. Je peux ainsi garder la tête haute et la langue bien pendue sans avoir à subir la honte d’une cacophonie lamentable.

Évidement, cette feinte ne peut durer plus avant. À quoi passer mon temps durant les répétitions ? L’absence de public à ce moment-là, réduit considérablement ma fonction. Faire l’imbécile perturbe la concentration des choristes, il est préférable de s’éclipser, de filer à l’anglaise, de faire enfin silence sur cette vaine tentative infructueuse.

Dimanche sera ma dernière, le rideau va se baisser sur ma carrière vocale. Les esthètes, les mélomanes ne regretteront pas ce cancre absolu de la mélodie. Si le texte ne m’a jamais résisté, l’air m’a toujours manqué. C’est assez curieux pour qui me connaît bien mais c’est ainsi. Dans une chorale, je n’ai nulle inspiration divine, la voix des anges n’est jamais venue à mon secours.

Le rideau va se baisser. La Baraka aura un membre de moins mais ne perdra pas pour autant un chanteur puisque jamais je ne le fus. Ces trois années sans le moindre progrès attestent de mon incapacité chronique à rester dans la note, le ton et le tempo. C’est à regret que je quitte ce bel ensemble. Je ne manquerai jamais de venir les écouter, c’est d’ailleurs ce que je me suis contenté de faire durant tout ce temps.

Silencieusement leur.

J’en reste sans voix.

2nd Concert annuel de la Chorale La Baraka

Dimanche 10 juin à 16:00
 
Maison Des Arts Et De La Musique Orléans 45100
Cours Victor Hugo, 45100 Orléans
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Spécial 35 ans... et oui déjà !

Avec en prime les meilleurs chants des 35 dernières années. Ça en fait de la chanson!

Paf: 5euros.

Petite restauration sur place !

A bientôt.

J’en reste sans voix.
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