Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Pour un OUI ou pour un N0N

Divagations

Pour un OUI ou pour un N0N

Premier mai, fête du travail

 

 

Il serait si simple de s’entendre dire toujours « OUI », trois voyelles qui donnent des ailes à l’instar du mot « OISEAU » qui se targue de contenir OUI et 2 autres voyelles pour une seule intruse. Le « OUI» c’est la voie de la sagesse émanant d’une voix confiante et satisfaite. Il niche dans une âme en paix, répand le bonheur autour de lui. Il est rond, doux, charitable tout autant que chaleureux. Il donne envie d’aller vers l’autre.

À l’opposé, le « N0N », surtout quand le zéro remplace la voyelle prise au piège de ces deux « N » qui parfois sentent la haine, sonne brutalement la fin de l’accord, le début de la controverse et même du conflit. Il est même un âge où l’enfant ne sait que dire « N0N » au grand désespoir de ses géniteurs, à bout de force et de patience. Le « N0N » est cinglant, il claque, rompt l’échange et incite à tourner définitivement le dos.

Ne nous leurrons pas cependant. Dire « OUI » à tous propos est un piège et un véritable danger. Il convient de savoir dire « N0N » sans que celui-ci devienne systématique. C’est là, d’ailleurs, l’enjeu d’une éducation équilibrée qui enseigne à l’enfant, de ne pas toujours accepter les propositions de l’adulte, surtout quand celles-ci sont douteuses et équivoques. Mais, il convient alors d’apprendre à prononcer ce « N0N » sans agressivité ni possibilité de contournement tout en le complétant d’explications claires.

Dire « N0N » à tous propos, relève là encore d’une dérive sociétale que l’on constate de plus en plus. Certains s’y cassent le nez quand ils veulent modifier des pratiques, des habitudes, des façons de faire ou des traditions dans une association, une commune ou même une nation. L’opposition systématique est tellement ancrée dans le fonctionnement national que la proposition n’a même pas besoin d’être formulée et surtout expliquée pour que le refus s’exprime, y compris dans la rue.

C’est donc qu’il y a quelque chose de pervers dans notre douce France, un manichéisme qui a besoin de certitudes. Il y eut les « ROUGES » et les « BLANCS» du temps de la Révolution, le « BIEN » et le « MAL » dans nos églises, la « DROITE» et la « GAUCHE » avant Macron et d’autres alternatives qui comme chacun devrait le savoir ne supposent que deux réponses. La dualité conduit au duel, à la bataille rangée, aux joutes verbales à l’Assemblée, aux émeutes dans les rues pavées.

Depuis, le ni « OUI» ni « N0N » semblerait être à la mode, en se mettant en Marche derrière un prestidigitateur. Curieusement, à bien y regarder, les « OUI » proviennent toujours de la même sensibilité, comme si, son merveilleux univers débarrassé de toute bipolarité, avait quand même une fâcheuse tendance à pencher d’un même côté. Si bien, que de l’autre côté, le « N0N » devient encore plus virulent, violent quelquefois, d’autant plus excessif, que la tromperie est manifeste et l’absence de dialogue, semblable à ce qui se passait du temps heureux des deux camps ennemis.

Quand allons-nous passer au « YING » et au « YANG », à la sagesse du consensus, à l’ère du « PEUT-ETRE », de la nuance et du compromis. Certainement pas avec un système électoral qui sous prétexte de donner une majorité confortable à un camp, muselle les oppositions, les transforme en chiens qui se contentent d’aboyer. C’est ainsi que dans le pays, les uns hurlent leur dépit en beuglant : « N0N, N0N, N0N ! » tandis que les autres se frottent les mains et s'enthousiasment en répétant à tue-tête « OUI, OUI, OUI! ».

De la proportion en toute chose, ça passe évidemment par la proportionnelle, sans doute pas intégrale, mais certainement dans un dosage qui ne relève pas de l’homéopathie démagogique, pour satisfaire une vague promesse et envoyer une fois encore, un peu de poudre aux yeux. Il est possible de rêver et de remettre à la mode, le jeu du « Ni OUI, ni N0N » sur les rails. Mais là encore, ce n'est pas demain la veille que nous allons devenir une nation responsable. Quand j’observe la nature fielleuse de certains commentaires, beaucoup se complaisent dans cette vision simpliste et fragmentée. Être d’un camp ou bien de l’autre vous simplifie grandement la vie en vous offrant une réponse toujours identique à chaque question.

Affirmanégativement vôtre.

Pour un OUI ou pour un N0N
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
C'est Nabum... surtout ne privez pas Agoravox de ce billet... dont nous attendons les commentaires non censurés
Répondre