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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La fête du port.

Les recettes du succès.

La fête du port.

Entre Courant et Océan.

 

 

 

Pour réussir pleinement une belle fête locale, en bord de mer, il convient de mettre quelques ingrédients dont certains sont de la seule responsabilité du hasard et de son corolaire, la chance. Commencez donc par exemple par une période de deux ou trois jours de très mauvais temps : pluie, froid, vent. Puis le jour dit, le soleil s’invite à la surprise générale. Immanquablement, vous aurez un appel d’air, un afflux soudain de badauds en recherche de vitamine D.

C’est là, la clef de le réussite, l’incontournable élément déclencheur. Pour la suite, c’est à vous de jouer, naturellement par anticipation car en la matière, l’improvisation n’est guère envisageable. Pour faire venir les foules, le vide-grenier provoque toujours des vagues de badauds. Le curieux cependant n’est que de passage, c’est à vous de savoir vous l’accaparer. Pour cela, il convient de faire preuve d’un peu d’originalité.

Un petit spectacle de rue peut convaincre les moins délicats. Ne donnez pas dans la prise de tête et le programme à messages. Ce n’est ni le lieu ni l’heure d’inviter nos cibles à réfléchir. Pour confirmer ce postulat, faites suivre les piètres agitations sensées être comiques par un défilé de majorettes. Les jeunes filles vont séduire les vieux messieurs, leur grâce et leur adresse satisferont les dames. Tout le monde se réjouira du travail accompli par les gamines en ayant forcément quelques commentaires à faire.

Pour la suite du programme, quelques personnages bariolés perchés sur des échasses, fort bien vêtus, feront des simagrées et des figures chorégraphiques incertaines. Il ne faut pas que ça dure trop longtemps, le public, même peu au fait des animations, se rend vite compte que l’improvisation se dispute à l’approximation. Il est temps de faire intervenir la banda, la garantie tout risque dans pareil cas.

Pour peu que les musiciens soient vêtus de rouge et de blanc, et tout le pays basque, ses traditions et ses joyeux débordements s’invitent à la fête. Le public frappe dans ses mains, pas trop longtemps quand même, il convient que les spectateurs puissent revenir à des choses plus utiles, en achetant un cornet de glace, une bière ou bien une friandise quelconque. Si la banda se fait itinérante, c’est l’idéal, vous pourrez ainsi mener la foule par le bout du nez ou des oreilles.

Une chorale basque fera un parfait clou du spectacle. Rien que des hommes, des voix graves et des chansons connues de tous, tout le folklore du Rugby du Sud Ouest explose alors en battements de mains et exclamations enthousiastes. C’est alors le moment idéal pour la parade des bateaux, sinon à quoi bon appeler votre animation : « Fête du port ! » Des bateaux de tourisme se mêlent aux barques des pêcheurs. À leur bord, d’autres spectateurs, un peu plus privilégiés regardent la foule qui les regarde. Les embarcations sont décorées de branchages et de fanions et usent à plaisir de leurs cornes de brume.

Tout le monde est content et la fin de soirée atteindra son paroxysme quand un prêtre, passager du plus gros bateau, bénira la flotte et la foule. C’est ainsi que chacun pourra rentrer chez soi, avec des souvenirs plein la tête, la bénédiction du très haut et de bons coups de soleil. Naturellement tout ceci ne marche que si la météo a été votre alliée.

Si par malheur il en va autrement, inutile que vous dire que votre fête du port tombera à l’eau. C’est la glorieuse incertitude des organisateurs, une angoisse qui vire souvent au cauchemar quand le ciel est maussade et le temps chagrin. Un coup de vent peut chasser les inquiétudes et les nuages pour que tout se déroule ainsi que je vous l’ai narré. C’est tout le mal que je vous souhaite. Il faut quand même se casser un peu la binette pour obtenir un plateau de cette nature. À bon entendeur salut !

Festivement vôtre.

La fête du port.
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