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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Il n’y a plus d’eau chaude

Coup de froid dans le groupe …

Il n’y a plus d’eau chaude

La bonne pomme n'est pas celle qu'on croit !

 

Une seule salle de bain dans une maison de vacances et le drame n’est jamais très loin. C’est là source de désagréments, de plaintes ou de querelles. En premier lieu nous pouvons pointer du doigt les lève-tôt, ces insupportables personnages qui, dès le petit matin cherchent à réveiller les autres afin de se sentir sans doute moins seuls. Le coup de grâce venant le plus souvent dans leur désir, pour ne pas retarder leurs camarades, quand ils décident de prendre une douche avant que les autres ne se lèvent.

C’est alors que la maisonnée se réveille dans son entièreté. Les uns grognons, les autres perdus encore dans les limbes du sommeil, tous de ronchonner après les bruits de porte, d’eau et de vaisselle qui ont titillé leurs oreilles. Ils ne sont pourtant pas mécontents que leurs camarades aient pensé à préparer le petit déjeuner. Voilà un motif de satisfaction qui précèdera les désaccords à venir qui donneront à cette matinée des allures de naufrage collectif.

Le pain tout d’abord est motif de discorde. Les premiers se sont octroyés le luxe de terminer la baguette encore fraiche ne laissant aux autres que des morceaux à griller. Il est certain que le décollage n’est pas de même nature suivant les individus, certains sont d’excellente humeur dès le lever du soleil quand d’autres sont persuadés qu’il y a de la brume et parfois du brouillard chaque matin.

Puis il faut établir un tour de passage à la salle de bain. C’est là le plus délicat de la matinée. Il convient de ne pas passer derrière celle qui laisse des cheveux dans l’évier ni après celui qui met de l’eau partout. Mais comment le leur dire sans prendre le risque de les vexer ? Ce sont là les joies des vacances communes que de découvrir les menus travers des uns et des autres.

Un ordre est fixé, plus par le fruit du hasard que par une longue négociation. Les premiers ne sont pas mal lotis, ils trouvent un espace à la douceur ouatée, à la propreté convenable. Puis le drame pointe le bout de son nez. Quelqu’un prend son tour, se dénude et se glisse sous la douche. L’eau est froide, désespérément glacée. La ballon d’eau chaude a cessé de remplir sa fonction. C’est une furie qui sort de la place, hurlant sa haine de ses semblables, maudissant les égoïsmes des uns et des autres.

Le dernier sur la feuille de route sait désormais à quoi s’en tenir ; il restera sale toute la journée. Il faudra supporter ses cheveux gras et ses senteurs intimes. Pas question d’affronter le jet tonifiant d’une poire à température ambiante ! Les autres devront se pincer le nez et faire contre mauvaise fortune, haut le cœur ! Les matinaux sont fusillés du regard, une heure de couvre-eau est décrétée, il sera désormais interdit d’user de l’eau chaude avant le petit déjeuner.

La mesure ne sera certes pas suffisante. Le lendemain, en dépit d’une organisation différente, l’eau chaude vient toujours à manquer. Il faut établir une fournée du matin et une autre du soir. Les vacances, c’est bien joli sans doute surtout en bande, mais cela impose une logistique rigoureuse et une organisation martiale. Un contrat est signé devant notaire, on se promet de le respecter. Pourtant rien ne se passe selon les plans établis …

C’est alors qu’on découvre qu’un malotru s’endort sous la douche, passe un temps fou sous un filet d’eau qui « s’attiédit » au fur et à mesure. La modération s’impose dans la salle de bain alors qu’elle n’est pas d’usage au moment de l’apéritif. Ainsi va la vie en vacances, une longue période de négociations, concessions et ajustements. On se promet pourtant de s’amender la fois prochaine, de prendre en compte les leçons de l’expérience récente. Le ballon d’eau chaude restera à jamais la pierre d’achoppement des bonnes résolutions. Il faut le savoir et ne pas en faire le prétexte de vaines querelles.

Collectivement vôtre.

Il n’y a plus d’eau chaude
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A
On vous attend avec ce papier sur Agoravox pour des commentaires élogieux de ceux qui ne sont pas censurés
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