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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Trop près de ses sous.

Le Chinoiseur peingre …

Trop près de ses sous.

Les frasques du bon Edmond.

 

 

Edmond, un homme important, chef dune grande entreprise, profite de sa fonction pour voyager afin de s’offrir, non sans déplaisir, une belle escapade en territoire lointain. L’occasion fait toujours le larron et notre joli cœur en profite pour se faire accompagner en charmante compagnie. Folâtrer en terre lointaine donne sans doute un certain piquant à la chose, surtout quand il n’y a pas bourse à délier. La chair est faible plus aisément encore quant c’est aux frais des frais généraux que se déroulent de telles turpitudes. C’est bien là, le seul point qu’on pourrait lui reprocher au pays de la Pompadour et des amours ancillaires car seul celui qui n’a jamais fauté pourrait leur en faire grief.

Mais notre homme, pour volage qu’il soit, n’en demeure pas moins près des sous qui ne sont pas tout à fait les siens. Il n’est pas question pour lui de dilapider le trésor de guerre à moins que ce ne soient des fonds spécieux. Un remords certes à moins que ce ne soit que la juste utilisation de l’argent de tous ses employés. Il lui prend l’envie de réclamer le remboursement d’une des chambres, celle qui servait de prétexte mais qui n’avait pas été utilisée. On peut louer en la circonstance son sens de l’économie et son envie de ne pas trop abuser de sa position, fut-elle des plus agréables pour un homme en mission.

Voilà pourtant que sa bonne intention se retourne immédiatement contre lui et lui revient en pleine figure. Les responsables de l’hôtel en question, sans doute faute de maîtriser les pratiques d’une culture qui est fort différente de la leur, renvoient la demande de réduction de la note avec quelques explications détaillées par retour de courrier. Cela n’aurait pas été bien grave si la missive n’avait fait le tour de l’entreprise.

Voilà les frasques de notre pauvre Edmond mises au grand jour. La rumeur circulait bien depuis quelques temps dans les milieux bien informés, mais ceux-là sont assez prompts à se taire quand un donneur d’ordres est en première ligne. Il n’en va pas de même pour le petit personnel, rapidement informé par la bourde, qui s’empresse alors de faire des gorges chaudes de l’affaire. Notre homme se retrouve ainsi dans des beaux draps faute d’avoir usé alternativement des deux chambres. On se gausse, on diffuse le courriel, le pot aux roses est avéré et fait le tour de l’endroit.

Comme le linge sale ne se lave jamais mieux qu’en famille, son épouse, outragée et sans doute informée depuis longtemps de son malheur, cette fois, se voit contrainte de ne plus fermer les yeux sur un comportement qui devient manifestement public. Elle se doit de conserver sa dignité, qualité qui ne lui a jamais fait défaut à l’inverse de son fripon d’époux.

La séparation semble inéluctable. Le personnage ne peut couvrir plus avant ses travers et c’est en cherchant à se montrer soucieux de faire faire des économies à la société qu'il doit se lancer dans une procédure qui lui coûtera fort cher sur ses deniers propres, c’est du moins ce que nous sommes en droit d’espérer. Décidément, l'honnêteté ne fait pas recette même au pays des margoulins.

Un autre voyage d’affaire se profile à l’horizon. Edmond, en grand commis voyageur, s’empresse de convoler en avion avec son illégitime. Il serait bon cette fois de ne prendre qu’une chambre pour le pas dilapider inutilement puisque de toute manière les jeux sont faits et le masque est tombé. On peut se réjouir de la diminution conséquente des frais de représentation pour cette entreprise. Monsieur le responsable fera chambre commune avec sa dame de cœur à moins qu’il ne lui vienne l’envie de changer son fusil d’épaule. On se lasse vite de la nouveauté surtout quand celle-ci éclate au grand jour.

Ne chinoisons pas, cette histoire n’est pas exemplaire, bien au contraire. Elle ne peut être dévoilée plus avant. La menace serait grand d’essuyer les foudres de celui qui est évoqué ici, Edmond a le bras long. Quand on prend le risque de profiter de la chose publique pour commettre cela, il faut s’attendre à voir rapportée ici ou là, une histoire qui porte à rire. D’autant que certains appartenant à la garde rapprochée du gros bonnet ne se gênent pas pour diffuser sur les réseaux sociaux des messages non équivoques.

De mon côté, tout en plaignant de fond du cœur la femme outragée, j’ai souhaité rendre service à tous en relatant désormais un secret de polichinelle, expression qui colle parfaitement à ce bon Edmond, dont les excentricités en font un homme comme tous les autres à défaut d’être exemplaire. Je tiens néanmoins à le féliciter pour sa probité en narrant sa désopilante aventure !

Moqueusement sien.

Trop près de ses sous.
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