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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La marche nordique

Des bâtons dans la foule

La marche nordique

Partager n'est pas simple.

 

Depuis quelques années j’avais comme tout un chacun remarqué ces étranges marcheurs munis de bâtons de ski. Ils allaient d’un bon pas, souvent sur terrain plat, sans risquer la glissade ni même l’erreur de carre. Le buste droit, le pas ample, je remarquais avec l’œil de l’entraîneur que je fus, qu’ils avaient le souci de la synchronisation. Voilà donc des marcheurs qui veulent mettre en mouvement leurs bras pour améliorer sans doute leur rendement.

Je me suis longtemps amusé de les voir, d’autant plus quand c’était en ville, sur les quais de Loire. Certains se piquaient de vouloir planter leur bâton dans le pierré. C’est d’ailleurs parfaitement ridicule et tout à fait impossible, le risque étant alors plus d’éborgner un gamin que de fendre la foule. Il convient de laisser passer les modes, c’est ainsi qu’à chaque nouvelle saison apparaît désormais une nouvelle manière de se déplacer. Puis j’exerçais mon regard avisé pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette pratique. La vérité me sauta aux yeux, comme une évidence en regardant un jour la foule sur les quais d’Orléans par un beau jour de printemps.

Notre époque veut que le citadin se meuve de mille et une manières. La trottinette fut l’avant garde de cette folie consumériste. Elle eut bien des avatars, des tailles différentes puis une motorisation électrique pour ne plus en faire une trottinette d’ailleurs, mais un sorte de tapis roulant à guidon. Le sus-dit élément haut disparaissant dans d’autres formules dont certaines exigent d’avoir les pieds en travers de la route tandis que d’autres les réclament dans le sens de la marche.

Puis nous vîmes apparaître des modèles plus gros, plus hauts, avec deux énormes roues, pour que des piétons deviennent des marcheurs ailés sans le moindre effort et avec un encombrement maximal de la chaussée. Nos trottoirs se firent ainsi le temple de l’agitation, devant également faire place aux patins à roulettes munis de chaussures de ski (le retour du bâton est fort probable là-aussi) et aux cyclistes en danger avec leurs homologues automobilistes.

Le simple piéton, sans bâton, promeneur ou randonneur, déambulant ou pérégrinant, flânant ou bien se déplaçant d’un point à un autre, se trouva bien vite en danger. Il avait face à lui et pire encore venant silencieusement dans son dos, des hordes de faux-frères, prétextant user du trottoir comme d’une bande roulante. Il y avait matière à accident d’autant plus que les gens à bicyclette se mirent eux aussi à la traction électrique.

Vous comprenez aisément que dans ce conteste insécure, le bâton du marcheur nordique s’avéra un précieux allié pour celui qui se sert encore de ses jambes pour parcourir le monde. C’est donc une arme de prévention dont s’équipent massivement nos fondeurs du bitume ou du pavé. Je ne peux que les féliciter de se protéger ainsi tant la fréquentation de certains endroits piétonniers mériterait l’installation de radars ou d’agents de la circulation.

Le marcheur nordique est donc le seul à n’avoir pas perdu le nord dans cette jungle qui se meut de toutes les manières possibles. Il se donne de par ce formidable subterfuge un périmètre de sécurité, une zone de protection dans laquelle il n’est pas raisonnable de venir lui chercher querelle. C’est en somme une bulle qui se déplace elle aussi à la vitesse de son hôte, individu étrange qui fait encore le choix de mouvoir à pied sur un trottoir sans assistance électrique.

Voilà, vous avez compris maintenant le succès de la marche nordique. C’est une étape de plus dans la transformation de la cité en zone hostile, en un espace où se côtoient des individus qui ne pensent désormais plus à cohabiter. Pour votre confort et pour l’aspect pratique, les fabricants proposent désormais des bâtons télescopiques qui peuvent ainsi facilement se ranger dans un sac quand le marcheur cesse de se mouvoir dans la cohue. Ne cherchez cependant pas à mettre vos bâtons dans les roues de vos voisins, l’affaire pourrait tourner à l’algarade ou bien à la rixe et même, pourquoi pas à l’émeute urbaine. Usez-en simplement comme un périmètre de sérénité et vous irez loin sans prendre le risque du télescopage !

Bâtonnement vôtre.

La marche nordique
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O
Les bâtons de Marche Nordique sont à eux seuls, une salle de sport car ils font travailler 90 % du corps contrairement à la marche classique 45 %.<br /> <br /> Les bâtons coûtent peu chers, suivant la distance que vous faites ... à partir de 20 euros.<br /> <br /> Il ne faut pas oublier de bien s'échauffer sinon cela peu être dangereux pour les articulations.<br /> <br /> J'ai pratiqué durant un mois, tout les jours, dans un centre Médical, près de Blois ... Une vraie découverte pour moi.
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O
Les bâtons de Marche Nordique Télescopiques coûtent chers et ne sont pas fiables pour la solidité du bâton ... ce sont des bâtons fragiles !<br /> Les fiables sont les bâtons normaux !
A
rien à attendre d'Agoravox<br /> <br /> mais au moins un commentaire pour justifier cet article <br /> <br /> Merci C'est Nabum
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C
Monsieur<br /> <br /> Je ne vous répondrai pas<br /> C'est du harcèlement et je compte vous signaler aux autorités