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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Un vrai chantier qui me laisse interdit

Quand c’est fini, ça recommence.

Un vrai chantier qui me laisse interdit

Ras le bol !

 

 

Je suis désolé de venir ennuyer ainsi mes chers lecteurs et énerver plus encore quelques détracteurs atrabilaires chroniques avec mes soucis personnels, mais je suis contraint de venir donner ici des nouvelles de l’interminable chantier de la rue Saint Marc aux élus de la ville qui ne trouvent pas le temps, entre deux voyages au long cours et des célébrations hautement culturelles chinoises, de venir prendre le pouls d’une rue sens dessus dessous depuis plus de trois ans.

À leur décharge, les travaux se tiennent désormais dans la partie la plus orientale de la rue, aux extrêmes confins de la grande cité. Ce serait prendre pour eux le risque d’être surpris en territoire ennemi, dans une ville satellitaire d’un autre bord, quelle horreur ! D’autre part, comme le sol de ce qui nous tient lieu de chaussée ne parvient plus à évacuer l’eau, le cloaque a de quoi décourager les porteurs d’escarpins et de mocassins.
 

Un vrai chantier qui me laisse interdit

À moins que ce ne soit le désir d’éviter le légitime courroux de riverains parfaitement excédés, à bout de patience et en mal d’information et de visites. Car voyez-vous, chaque jour sa surprise pour les gens de ma rue, un blocage ici ou là, à moins que ce ne soit ici et là, prenant certains en otage, incapables de sortir de chez eux. Il convient de signaler que l’ennui a depuis longtemps quitté la rue. Chaque jour, de nouvelles péripéties qui échappent totalement à nos élus jamais aussi absents que lorsque l’affaire se tient loin du centre urbain.

Nous ne croulons pas sous les lettres d’explication de la mairie, c’est le moins que l’on puisse dire. Pourtant chaque mardi, des représentants de cette grande administration viennent tenir réunion de chantier, grand conciliabule pour coincer celle du niveau sans doute ! Comment ? Je vais encore tenir des propos que l’on qualifiera d’acides en haut lieu ? Je me dois de vous expliquer la nouvelle facétie de cet inénarrable chantier.

Un vrai chantier qui me laisse interdit

Une portion venait d’être achevée à grands frais, car l’importance du chantier tient en sa longueur exceptionnelle. Portion importante s’il en est car sa fermeture à la circulation engorgeait considérablement les rues adjacentes et contraignaient les riverains à de grands détours quand ils pouvaient sortir leur véhicule de chez eux. Elle fut dûment contrôlée, commentée, vérifiée, approuvée par des experts en expertises et en palabres. Le bitume posé, les pavés installés, la bande cyclable délimitée, nous pensions avoir gagné une étape supplémentaire vers la délivrance finale. Que nenni.

Après bien des réflexions, un sbire des services techniques se rendit compte, quand tout était achevé, qu’il manquait trente centimètres au trottoir afin de rétrécir la chaussée et d’en faire un piège à carrosserie et à bicyclettes. C’est là, la stratégie de la joyeuse troupe des bâtisseurs de la ville, faire de la rue une véritable montagne Russe pour usagers secoués et en danger.

Un vrai chantier qui me laisse interdit

Qu'à cela ne tienne ! On casse tout et on recommence, on creuse et on bloque à nouveau le passage … Qui paie ? On s’en moque ! Qui subit à nouveau des désagréments sans nom et désormais sans fin ? Des gens à qui l’on ne daigne jamais rien expliquer et qui ne méritent pas une visite officielle. Ce monsieur Bas-côté, grand maire voyageur, ne sera jamais dans le cercle de mes amis. Il agit ici comme un arcandier de la pire espèce. C’est à coups de marteaux piqueurs que notre homme espère empocher une nouvelle quadrature, une manière de faire son trou en politique qui n’est pas du goût de tous !

Pendant ce temps-là, les travaux plus haut se poursuivent laissant le tronçon devant chez moi dans la boue, la poussière et la gadoue. C’est sans doute la juste récompense de mes récriminations. Nos amortisseurs vous remercient de cette formidable attention. Si vous passiez un jour par chez nous, chers bourgeois du centre ville, vous verriez des trous, des cavités, des flaques, des parties métalliques piégeuses dépassant allègrement de la chaussée. Des chausses-trappes distrayantes pour qui aime à slalomer.

Je vous épargne les joyeux piétons aspergés par un véhicule plus pressé, les algarades qui opposent les gars du chantier (d’une disponibilité et d’une patience exceptionnelles) avec des furieux qui se trouvent pris au piège pour la première fois. Trois années que ça dure et ce n’est pas fini ! Si en prime vous cassez tout une fois encore, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Alors, pour vous remercier je vous devais bien ce petit coup de pied à votre séant ! Il convient désormais de nommer cette ville aux élus si remarquables : c’est à Saint Berdolin sur Loire et nulle part ailleurs que l’on pousse à bout les braves gens.

Nidepoulement vôtre.

Photographies de Jean Baptiste

Merci à lui qui n'est en rien responsable du texte

Un vrai chantier qui me laisse interdit
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P
en tout cas, les photos sont belles !<br /> bon courage pour tous ces travaux...<br /> et comme je l'avais lu un jour sur une route qui venait d’être goudronnée: quinze jours de travaux, quinze ans de tranquillité ! (peut être ce ne sont plus les bons termes, mais c'est l'idée !)
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C
Phot'saone<br /> <br /> Elles sont de mon ami Jean Baptiste