Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Mes pérégrinations

Du coq à l’âne.

Mes pérégrinations

Au fil des mots

 

 

Chacun fait son chemin comme il l’entend, le mien se lit même si parfois j’ai tendance à me perdre dans des voies sans issue. Tout en écrivant ce mot j’hésitai à lui préférer voix tant je suis le plus souvent inaudible, parfois abscons et quelques fois obscur. C’est sans doute qu’à force de vouloir égarer le lecteur, celui qui oublie de semer des cailloux blancs tout au long de ma prose finit lui aussi par ne plus savoir où se situer.

Je sais que mes pérégrinations sont urticantes pour certains, nuisibles pour d’autres, insignifiantes pour le plus grand nombre et fort heureusement agréables à quelques-unes. J’use à dessein du féminin tant il est curieux de constater à quel point ce sont les femmes qui lisent tandis que les hommes repoussent majoritairement cette activité trop futile à leurs yeux. C’est le plaisir sans cesse renouvelé de me mettre en route tout autant qu’en doute devant mon clavier qui anime cette douce assuétude que j’ai l’immense orgueil de vous faire partager.

Pérégriner en compagnie de dames n’est pas pour me déplaire et pour peu que notre itinéraire soit semé de bonnes intentions, je ne désespère pas de compter fleurettes à l’une ou l’autre, au gré des histoires et des fantaisies. C’est là plaisant égarement que celui qui suit le mot au pied de la lettre.

Chaque jour une nouvelle aventure, une façon habile de ne jamais tourner la page puisqu’elle se rouvre identique à la précédente, tant par sa forme que sa longueur, par son rythme que sa pagination. Mes parcours sont fléchés, manière de rassurer celle qui veut bien s’y aventurer et il est peu probable d’y faire de mauvaises rencontres. Le loup n’est pas tapis derrière un arbre, l’ogre est rassasié, il n’y a vraiment aucun risque à me prendre au mot.

Je pérégrine et plus j’avance sur l'itinéraire plus les mots croisés vous deviennent familiers. c’est là l’avantage de ce rendez-vous quotidien qui rassure tout en évitant les mauvaises rencontres, les vilaines surprises. Tout est prévisible sur le circuit même s’il se veut nouveau à chaque fois. Il ne trompe personne, il est sans cesse le même récit recommencé.

Vous me suivez à la trace, elle est faite de mauvais caractères et de coup de sang, un sang d’encre naturellement. Il n’est pas aisé de changer, je crains qu’il soit hélas trop tard pour que je puisse espérer m’amender. J’avance avec des semelles de plomb, de ce métal qui fit jadis la gloire de l’imprimerie.

Si parfois la boue et l'opprobre se rependent sur le chemin, c’est que les nids de poule m’autorisent à passer allégrement du coq à l’âne sans me faire tirer les oreilles. Je glisse sur mon bât, les pensées du jour, l’inspiration du moment ou bien la farce qui vous laissera déconfit. Ce n’est qu’une cuisine pour laquelle les ingrédients sont des mots. Vous revient alors en souvenir les pâtes alphabet qui égaillaient vos soupes d’enfance. Rien ici ne prête à conséquence, ce n’est que les pauvres moulinets d’un souffleur de vent.

Le miel de ce rendez-vous est fait de nostalgie. Mes pérégrinations d’en-France qui me ramène à ma ville natale lovée tout contre son château et la Loire. C’est une nécessité que d’y revenir parfois, de remuer tous les sédiments qui se sont déposés depuis ce temps heureux à jamais disparu. Ce n’est pas prétention de ma part que de raconter ainsi cet itinéraire personnel, je sais que d’autres y trouvent des réminiscences de leurs propres souvenirs et que de ce partage naît une troublante connivence.

Mes pérégrinations sont aussi ce rendez-vous conte dominical. Un moment différent sans doute mais tout aussi balisé. Il n’est pas question de ne pas tenir la main à mes chères lectrices. Le flot des mots empruntera celui de la rivière, à contre-courant cela va de soi, car c’est ainsi que j’aime à prendre le contre-pied ! Si vous aimez, continuez donc l’aventure de cette lecture pérégrine. Merci à vous !

Cheminement vôtre.

coq peint par C Ceballos

âne peint par Michel Cendra-Terrassa

Mes pérégrinations
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article