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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le réceptionniste au poste

Le retour de bâton

Le réceptionniste au poste

La garde à vue réjouissante

 

 

Il est des nouvelles qui réjouissent même si, sans doute, il ne se passera rien de plus. Il ne faut pas croire au miracle certes et le brave citoyen, justiciable ordinaire, se contentera de sourire au vilain tour que les juges ont joué au Petit Réceptionniste de la société Accor. Une nuit au poste, une nuit d’humiliation pour celui qui n’a eu de cesse de mépriser les humbles, les petites gens, les modestes, voilà bien de quoi lui faire avaler sa morgue et sa suffisance.

Mais revenons à cette sordide histoire qui valut à notre pays de déclencher une guerre avec la bénédiction d’un philosophe de pacotille en chemise blanche afin de supprimer un témoin gênant. Quand on dispose du pouvoir, on ne lésine pas sur les moyens, c’était alors le cas pour celui qui allait terminer son parcours professionnel comme simple bagagiste d’une grande chaîne d’hôtels.

C’est justement à ce moment-là que l’ami du Prince, le Hooligan de la tribune d’honneur du Parc des Princes, allait commettre le faux pas qui l’a conduit, cette nuit-là, dans la geôle de l’infamie. Quelle déchéance pour celui qui, il faut se pincer pour le croire, est membre de droit du conseil constitutionnel alors que le droit et lui n’ont jamais fait bon ménage. D’ailleurs nombre de clients de ladite société se plaignent de l’état des chambres après son passage.

Dans cette sordide affaire de porteur de valise, jusqu’à présent, les sous-fifres portaient le chapeau et la toque du bagnard. Notre homme était au-dessus de la mêlée, se contentant de dépenser pour sa maison de campagne, l’argent qui venait d’enveloppes kraft ou bien de malles diplomatiques. Il convient de brouiller les pistes, y compris dans le désert. C’est là, politique habile afin que monsieur soit bien servi.

En endossant la livrée du valet de pied après justement avoir été mis à pied de son poste électif, le réceptionniste a pris un immense risque, oubliant que l’immunité tombait et qu’un lapin pouvait sortir du chapeau. Le voilà tenu par les oreilles, à macérer une nuit durant, afin de répondre de ses frasques financières. Quelle jubilation pour nous autres de savoir que le petit roquet ronge son frein et doit enfin courber l’échine.

Lui qui est devenu bagagiste doit maintenant rendre compte, comme un quidam ordinaire. La chanteuse sans voix doit s’en étrangler de honte. Elle n’avait pas à jeter son dévolu sur une fripouille, tôt au tard, le retour de bâton se fait. Je savais que l’automne annonçait la chute des feuilles, voilà maintenant que le premier jour de printemps fait éclore les affaires scabreuses et choir de leur piédestal les canailles. À quelques jours du passage à l’heure d’été, la nation remet symboliquement les pendules à l’heure.

La suite ne sera certainement pas du même tonneau. Nous avons bu notre miel en cette soirée de contrainte par le corps pour celui qui échappait jusqu’alors à toute justice. C’est déjà un merveilleux cadeau offert au citoyen ordinaire. Je l’imagine ce matin, fulminant et mal rasé, les traits tirés et la mauvaise mine, en train d’en rabattre devant les questions insidieuses d’enquêteurs qui font honneur à la nation.

J’entends par la même occasion les soutiens outragés de ses amis politiques, ceux-là même qui une fois un mandat en poche, se pensent au-dessus de toutes les règles qu’ils ne cessent de mettre en travers de notre chemin. Nous devrions établir la liste de ces fieffés gredins qui sont ainsi capables de démentir par principe, de fermer les yeux par soumission, de tricher par habitude, de nous mentir par nécessité. Qu’ils aillent eux aussi au diable avec le petit réceptionniste.

Ce matin, j’ai envie de lui dire : « Casse-toi Pauvre Con ! » et lui rendre ainsi la monnaie de sa pièce. Ce ne serait d’ailleurs pas un pourboire, mais bien quelques sous pour commencer à se payer sa Cantine carcérale. L’avocat d’affaires ténébreuses derrière les barreaux ; ce n’est hélas pas encore pour demain ! D’ailleurs, l’homme a reçu des égards, sans doute pour l’ensemble de son œuvre et a pu dormir dans son lit. Justice à deux vitesses me direz-vous à juste titre !

Jubilatoirement sien

Le réceptionniste au poste
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