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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La diagonale du fou

Quand l’hypothèse n'use que le Carré

La diagonale du fou

Les grandes manœuvres métropolitaines

 

 

La politique est un formidable jeu de dupe où chacun excelle à d’abord tromper son monde pour mieux rouler dans la farine les électeurs, toujours les heureux dindons de la farce. La diagonale du fou est sans doute la forme qui convient le mieux pour exprimer les habiles contorsions d’un maire qui souhaite assurer sa réélection alors qu’il s’est trouvé à ce poste grâce à une opportuniste ordonnance ! L’homme tout en rondeur feinte, cherche à joindre les deux coins opposés de cartographie politique sans avoir à choisir un camp plutôt que l’autre. C’est du grand art ou bien je n’entends rien à la manœuvre.

Ainsi, le matois édile fait croire qu’il repousse les sirènes d’un président qui cherche à asseoir sa crédibilité en gagnant quelques grandes villes tout en conservant ses solides soutiens dans le camp dont il est issu. On peut croire en la sincérité d’un fervent opposant de façade qui a de bons amis dans le gouvernement, on peut pareillement se féliciter de sa fidélité pour la droite prétendument républicaine qui lui a permis de se trouver dans un fauteuil bien trop grand pour lui.

Chacun est libre d’interpréter comme il l’entend les gesticulations de celui qui en fait prépare le terrain pour l’emporter sans opposition véritable en brouillant à plaisir les pistes. Il est vrai que lorsqu’on a été le porte-plume d’un ex-candidat aux primaires de droite, passé avec armes et bagages au gouvernement, le doute devrait légitimement vous titiller tout comme l’envie de profiter de ce qu’il pense être l’aspiration.

Il est tout aussi vrai que s’il est en place, il le doit pareillement à un autre porte-plume d’un autre candidat à la présidentielle, qui s’est vautré dans les affaires. Faire semblant de rester à droite est adroit puisque le danger réel dans cette bonne ville vient toujours de ce côté-là tant l’autre camp historique brille par la vacuité de ses propositions et l’absence de personnalité crédible. Avouer qu’il entend ménager la chèvre et le chou (certainement chinois) pour une fois la victoire acquise déclarer son allégeance au freluquet de l’Élysée serait une belle feinte de corps électoral.

Nous ne devons nous étonner de rien tout en tachant de ne pas nécessairement croire les rumeurs qui annoncent que notre grand voyageur se permet de rencontrer en secret le mari de dame Brigitte. Ce serait accordé foi à la médisance ou aux propos habillement distillés par de rares personnes à la parole libre dans cette cité de la coterie et de la connivence. Je me garderai donc bien de prétendre que ceci est vrai. Le doute pourtant est permis dans ce monde si retors.

Vous constatez que le flou est artistique. La diagonale est le plus court chemin pour joindre deux angles qui s’opposent en tout. Elle emprunte pour cette figure géométrique si parfaite qu’est le carré, un angle qui n’est ni obtus ni aigu à moins qu’on puisse le qualifier des deux à la fois, ambiguïté idéale pour définir notre homme que je ne peux nommer ici.

La diagonale brise les angles droits, là encore elle évite de se cogner aux angles et aux écueils qu’imposerait une posture franche et claire. L’équerre et le compas ne sont-ils pas des symboles qui peuvent permettre de bénéficier de soutiens souterrains, discrets et très efficaces. La géométrie politique s’en trouve peut-être compliquée ou même perturbée mais les habituels arrangements entre obligés se passent souvent de logique dans ce monde des notables.

C’est donc le mariage de la carpe et du lapin qui nous sera proposé prochainement dans notre bonne ville. Un candidat qui joindra les deux bouts, non pas du budget mais de l’échiquier politique, sans rien en dire auparavant. Le prestidigitateur étant capable de sortir de son chapeau haut de forme les deux animaux, le gentil rongeur et l’aimable cyprinidé dont le nom signifie Poisson du Danube. Manier la carotte pour l’un et pousser le bouchon trop loin pour l’autre sera donc la ligne courbe empruntée pour parvenir à ce diabolique dessein. Quand on est capable de naviguer ainsi entre deux eaux, tout cela sera d’une grande simplicité à moins que mon hypothèse ne s’use sur un carré aux angles soudain devenus trop flous tout autant que ce billet énigmatique.

Géométriquement sien.

La diagonale du fou
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