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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Maniaque, vous avez dit maniaque

Le détail qui agace.

Maniaque, vous avez dit maniaque

Le bon sens en filigrane

 

 

Chacun dispose de cette incroyable capacité de se focaliser sur des détails insignifiants qui prennent alors toute la place, ne permettant pas de poursuivre sans qu’il leur ait été apporté correction. L’esprit se focalise, la pensée tourne en boucle et l’action est entravée à moins qu’elle ne soit empêchée. Vous êtes pris au piège d’un impossible qui ne se fonde sur aucune donnée sérieuse, sans le moindre lien avec une justification rationnelle.

Que nos comportements échappent parfois à la logique et à l’inévitable pragmatisme a de quoi me réjouir et c’est sans la moindre pudeur que je vais vous livrer ici, le plus secret de mes tourments. Acceptez donc de le découvrir sans poser de jugement sur le pauvre personnage qui se dénude ainsi devant vous. La confession publique trouve toute sa place sur la grande toile, elle constitue même le principal fondement de bien des réseaux sociaux.

Parmi ces petites choses anodines de la vie quotidienne, c’est le choix du sens de rotation du papier toilette qui tient la première place dans ma névrose personnelle. C’est toute honte bue que je révèle ici cette étrange manie qui veut qu’à chaque fois que je mets les pieds et plus sûrement les fesses dans un tel endroit, j’interviens sur la chose dans la plus totale discrétion.

Je me devais d’avouer ce forfait afin de rester dans les petits papiers de ceux qui m’ouvrent généreusement ce temple personnel, ce haut lieu de ma créativité textuelle. Vous n’êtes sans doute pas sans savoir que c’est sur le trône que je ponds le plus souvent mon billet quotidien, activité qui ne se peut qu’à la condition que le fameux rouleau soit placé convenablement.

Je devine que certains ont besoin d’explications. Pour moi, le papier doit se dérouler conformément à mes attentes. La rotation doit se faire dans le sens anti-trigonométrique conformément au trajet qu’empruntent les quelques aiguilles de montre qui restent encore dans ce monde numérisé à l’extrême. Pourquoi cela me direz-vous ? Sans doute pour que le mouvement se fasse naturellement sans risque de rupture du prochain réceptacle de mes débordements intimes. Ma longue expérience en la matière ayant remarqué que l’autre sens vous met grandement en danger et vous contraint alors à rabouter les différents tronçons.

Cette confession me coûte. Elle va une fois encore me faire passer pour un être atteint d’un nombrilisme chronique. Le nombril se situe un peu haut en vérité et semble lavé de tout soupçon dans l’expression de cette perversion domestique. Quant à la dimension chronique, je veux bien l’admettre mais sur le seul aspect de ma logorrhée fécale. J’espère que vous passerez l’éponge sur cette révélation quelque peu déplacée pour ceux qui en sont à l’heure du petit déjeuner.

C’est d’ailleurs au niveau de la table que se joue le second volet de mes troubles psychologiques. Je ne supporte pas que le pain soit disposé sur la table dans le mauvais sens car pour le pain, là encore, il y a une disposition convenable et l’autre qui relève du diable. Le pain du bourreau explique cette lointaine superstition qui veut encore qu’aujourd’hui le mécréant que je suis, l’agnostique qui n’ira jamais tracer une croix sous la boule avant de l'entamer, interviendra discrètement, qu’importe l’endroit où il se trouve, pour redresser la faute de goût.

Je devine que je vais faire un four avec ce billet introspectif sans intérêt si ce n’est qu’il permette à chacun de venir déposer ici un commentaire afin de révéler à tous sa petite manie personnelle. Nous avons besoin de ces détails intimes pour mieux nous comprendre et les historiens du futur y puiseront la substantifique moelle de notre civilisation.

Le diable se cache dans les détails, ouvrons donc sa boîte de Pandore pour qu’il révèle au grand jour tous les tours pendables qu’il nous joue, ces gestes qui nous rabaissent au rang de créatures sujettes à ses œuvres diaboliques. La raison y perdra sans doute la face mais la connaissance de notre pauvre humanité en sera grandie. Quant à moi, j’espère trouver auprès de vous compréhension et mansuétude à la lecture de ce billet sans queue ni tête.

Scatologiquement vôtre.

Maniaque, vous avez dit maniaque
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