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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le train de l’état

Quand les frais s’envolent

Le train de l’état

Trou d'air sur tapis persan

 

Les uns se serrent la ceinture, voient leur pouvoir d’achat fondre comme neige sur le Mont Fuji, constatent chaque jour les coups tordus que leur impose ce gouvernement à la solde du Capital et des abus de biens sociaux. Pour le commun, il faut toujours faire plus attention, mesurer chaque dépense, prévoir des sources d’économie quand, inexorablement, comme bon nombre de français, il s’enfonce dans la pauvreté. Tandis que les autres, ces prétendus représentants mènent grand train selon la fumeuse théorie du ruissellement, sensée faire rejaillir sur les plus humbles les miettes du banquet auquel ils se livrent sans honte ni modération.

Le train de l’état contribue à la farce de l’heure. Un train qui a pris de la hauteur puisqu’il s’emballe au tarif mirifique de 175 000 euros de l’heure. L’argent ne part plus en fumée, les vieilles locomotives à vapeur se font jet d’affaires troubles et immorales. Le premier sinistre d’une République qui n’est plus en marche mais en vol libre et légal ne peut se prévaloir de la rigueur qu’il nous impose, lui qui jette notre argent par les hublots.

Doit-on s’indigner ? Je crains que ça ne serve à rien. Les impératifs du pouvoir nous dépassent, nous sommes incapables de comprendre que la présence de l’une des deux têtes de liste du pouvoir sur le sol français justifie une dépense indécente. Nous n’avons pas le sens de la grandeur de l’état et nous mesurons chichement l’argent de poche des gredins qui nous gouvernent. Le bon premier ministre ne pouvait faire autrement, il a dû découvrir en court de route qu’il ne serait pas à l’heure pour prendre sa permanence et a dû trouver au débotté une solution de secours, au meilleur prix, ça va de soi.

L’explication est effectivement recevable puisqu’elle atteste de l’impréparation du voyage, l’improvisation à tous les étages du pouvoir et le mépris des deniers collectifs. C’est parfait, messieurs les odieux, ne changez rien et nous, qui ne comprenons rien, ne nous demandez plus notre avis, ni même nos voix qui s’étranglent d’indignation.

Autrefois on appelait ça la pompe du pouvoir, vous aviez préférence pour la grande pompe en particulier. Nous mesurons l’évolution des pratiques, la pompe s’est équipée de semelles sur coussinets d’air, vous êtes en apesanteur, loin des tracas de nos modestes et méprisables existences. Le grand Vizir se voyait en tapis persan, vous l’imitez en évitant les trous d’air mais pas ceux provoqués allègrement à notre budget. Vous puisez sans honte ni retenue dans le trésor public pour vous offrir vos frasques et vous n’étiez pas 40 voleurs mais bien plus lors de cette misérable expédition qui nous a fait rire jaune.

Il ne nous reste plus qu’à écrire une fable pour ce nouvel épisode. Vous vous prétendiez en marche, notre seigneur Jésus Christ marchait sur l’eau, vous avez pris tellement de hauteur que vous nous faites marcher dans les cieux. Le commissaire aux Contes n’aura plus qu’à vous rédiger la facture, les mille et un jours de votre règne s'achèveront dans la honte et la faillite lorsque vous en aurez fini de ces chères rasades que vous vous payez au frais de la Princesse.

Je reconnais aisément que mes propos sont désespérément Terre à Terre. C’est que ma réflexion bat de l’aile tandis que la vôtre tutoie les anges. C’est bien là d’ailleurs votre problème, ces fréquentations ne vous valent rien et, tôt ou tard, c’est le diable que vous finirez par tirer par la queue. Ce sera le signal d’alarme, le temps révolu de la grande révolte des gueux, de ceux qui se contentent de voyager sur les nids de poule et les dos d’âne.

Profitez bien monsieur le Premier ministre, votre retour sur terre ne se fera pas en douceur. Votre courbe de popularité finira par s’écraser, c’est toujours ainsi que s’achèvent les mauvaises histoires. Plus dure sera la chute, avec un scénariste aussi médiocre que le vôtre, le peuple des opprimés finira par vous couper les ailes et le reste.

Aériennement vôtre.

Le train de l’état
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