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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Changement de cap

Tout sera forcément différent.

Changement de cap

Puisque vous y croyez si fort

 

 

Chaque année à pareille époque surgit la pensée magique qu’une journée de plus à un calendrier grégorien change en principe la face du monde et les mentalités de chacun de nous. Alors nous y allons tous de la liste des vœux, des souhaits et des imprécations que nous adressons, le ton mielleux et la mine réjouie, à nos voisins et depuis l’intrusion du portable dans vos vies, au monde entier l’espace de quelques instants fatidiques.

Le moment est solennel, les cloches n’ont plus besoin de sonner, elles communiquent à coups de messages courts, de cartes électroniques, de vidéos prises sur le vif, langues de belles-mères au premier plan et joues empourprées par le champagne et les différents alcools qui sont censés nous garantir surtout une bonne santé ! Je ne sais pourquoi mais c’est l’heure précise où j’attrape le bourdon, le misogyne atrabilaire ne supportant pas la volée de bécots qui accompagne le changement de cap.

Pour les plus courageux, l’aventure avait commencé sur les coups de 20 heures avec une déclaration officielle émanant du Palais nous annonçant que nous allions changer non seulement d’année mais d’époque puisque le grand chambardement était en marche. Qu’un homme politique, fut-ce le premier d’entre-eux vienne à son tour faire étalage de ses vœux prouve bien que tout ceci n’est que fariboles et billevesées, que rien de ce qui est promis n’est véritablement sincère.

Quand on me promet la santé j’ai toujours le sentiment diffus que c’est à la prison qu’on voue mon année à venir. Je suis tellement mauvais coucheur qu’il conviendrait de m’enfermer et d’éviter ainsi aux braves gens de supporter mes plaintes et mes récriminations, mes fadaises et mes histoires abracadabrantes. La nation a besoin de filer droit, de ne voir qu’une tête et de n’entendre qu’une pensée, enfermons les mauvais coucheurs et les piètres penseurs.

Comment voulez-vous donc avec une telle mentalité que j’aborde avec enthousiasme ce tournant de la minuit qui restera éternellement l’heure du crime contre l’intelligence et la raison ? Les uns brûleront des voitures pour montrer leur joie, d’autres klaxonneront dans de semblables véhicules qui éviteront peut-être de griller un feu rouge. La liesse est nécessairement bruyante, tonitruante et spectaculaire, c’est la modernité qui impose l’exubérance sur commande et l’hilarité collective.

Pourtant le temps est une affaire sérieuse. Il vient de perdre d’ailleurs son plus grand narrateur en la personne de Jean D’Ormesson qui n’avait de cesse de décliner son histoire, ses conséquences et les enjeux de pouvoir qui ont prévalu à sa maîtrise. L’Académicien s’en est allé, sa dernière heure venue et le temps, ingrat personnage, continue son chemin sans lui !

Puis-je après cette diatribe vous adresser tous mes vœux ? Sans doute pas, je manquerais singulièrement de crédibilité à pratiquer à mon tour cette hypocrisie de façade, ce rituel usé jusqu’à la corde à force de grimaces et d’insincérité. D’ailleurs les mots sont bien curieux, entre le vœu et ce que mon voisin veut il n’y a qu’une minuscule variation orthographique en une époque où chacun justement prend ses désirs pour des réalités.

Alors, évitez donc de perdre votre temps à m’envoyer des messages sans profondeur ni valeur. N’ayant pas de téléphone portable, je vais échapper à la vague de la minuit. Je peux néanmoins figurer sur quelques listes numériques et recevoir des messages pré-fabriqués, des banalités si communes que des milliers d’autres vont les recevoir en quelques clics. Épargnez-moi la honte de ne pas vous répondre en m’écartant de cette incroyable folie, c’est là mon unique souhait, bien plus qu’un vœu, un désir impérieux.

Bon demain à tous. À chaque jour suffit sa peine. Le soleil ne fait qu’une rotation en vingt-quatre heures et se moque de savoir ce qu’après-demain sera. Tout ceci n’est qu’affaire de convention avec pour référence une naissance qui n’a même pas eu lieu le jour fixé et l’année donnée. Vous voyez, le temps a perdu lui aussi la tête et se moque de cet instant qui ne signifie rien.

Misanthropement vôtre.

Changement de cap
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L
J'ai encore été très attentif à ce billet, qui dénonce le non pensant, le "je fais comme tout le monde", le "j'adopte les nouvelles règles", même si on ne les comprend pas toutes, même si ce n'est pas de ma génération, mais il faut faire djeun, ....Cependant, je ne comprend pas ce refus de la tradition. Car enfin, noël et le 1er janvier janvier sont bien antérieurs à la civilisation chrétienne (Janus, sol invictus,.....) et sont donc récupérés, comme tout événement populaire, par les marchands de tous poils espérant faire quelques sous (et parfois des fortunes) sur ce qui n'est au départ qu'une source de réjouissance et de convivialité pour les petites gens.<br /> Fêter la 1er janvier n'est pas plus détestable que de fêter un anniversaire, même si l'on sait qu'un jour de plus ne nous donne pas une année de plus.<br /> Adresser des vœux au 1er janvier, de bonheur et de santé, n'est pas plus méprisable que de dire "je t'aime" à quelqu'un, ou "tu m'as manqué", ou "je pense à toi". Même si je suis conscient qu'envoyer un "bonne année, bonne santé" par SMS à une liste de diffusion pouvant comporter 30, 40, 50 adresses et plus, fait plus partie de "l'ère du temps" que de la sincérité des vœux que l'on envoie. Pour ma part, je suis resté traditionnaliste, et comme les anglo-saxons j'envoie dès début décembre aux gens qui me sont proches, des cartes leur souhaitant de passer de bonnes fêtes de fin d'année, et à l'occasion leur souhaiter de pouvoir passer une bonne année suivante. Pourquoi ? Parce que je les aime ou les respecte.<br /> Tu dis aussi dans ce billet être un misogyne atrabilaire. J'avoue être un peu circonspect, sans vouloir développer, me souvenant simplement que tu as co-écrit un roman avec ....une femme.<br /> Et puis, cette signature de misanthrope!!!! Qui pourrait le croire quand on sait que tu passe une journée par semaine aux restos du cœur, que tu est heureux d'aller animer des foyers du 3ème age, que tu te félicites de donner un peu de joie, de rêves et pourquoi pas d'espoir à des SDF, et qu'enfin tu te délectes à rencontrer les gens pour qu'ils entendes tes bonimenteries. C'est tout le contraire d'un misanthrope. Alors permet moi, tu en feras ce que tu voudras, de t'adresser mes vœux de bonne santé (c'est nécessaire quand on est toujours pieds nus), et de bonheur dans ta vie personnelle et ta vie d'artiste (que tu es désormais).<br /> Daniel
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C
Daniel<br /> <br /> Le premier janvier est un choix récent <br /> le calendrier a déterminé des dates différentes pour son changement d'année <br /> <br /> la fête des fous et le 1 avril sont un reste d'un changement de cap à ce moment là<br /> <br /> Tout ce qui est récupéré m’horripile et je joue également de la provocation<br /> <br /> pardon si je dérange
K
J'ai travaillé toute la nuit, vous ne vous figurez pas le bordel ! Et encore, dans mon domaine de compétence, je ne suis pas le plus exposé (j'ai donné par le passé). Néanmoins, j'arrive et je constate ! Saint Sylvestre, saint patron du vice ! <br /> Les braves gens, les flics, pompiers, personnels hospitaliers payent l'addition de cette société malade tous les ans ! Et tout ce tohu bohu recommence sept mois après, en l'honneur de la prise de la bastille ! <br /> Quel merdier !
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L
Que tu déranges ne me gène pas. La provocation ne me gène pas non plus.Concernant le calendrier, tu dois avoir des données que je n'ai pas, les miennes n'étant qu'historiques.<br /> A bientôt j'espère.<br /> PS: Jai parlé du livre de M ONFRAY à ma fille qui aimerait bien le lire. Pourrais-tu, me le ramener à l'occasion (elle viendra fin janvier)<br /> Daniel
C
Kakashi<br /> <br /> Vous aurez un billet demain à ce propos <br /> <br /> Merci