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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Hors programme.

Hors programme.

L'omission opportune.

 

 

Vous vous souvenez peut-être de ma requête quelque peu cavalière, à moins qu'elle ne fût simplement que marinière, réclamant au maire d'Orléans un petit vestibule afin de pouvoir bonimenter lors du Festival de Loire. Rendons grâce à l'intervention de quelques élues qui n'ont eu de cesse de me soutenir en dépit d'une réputation délétère : j'ai obtenu satisfaction, disposant d'une scène pour raconter ma Loire, loin de la foule agglutinée sur les quais.

 

Mes exigences étaient considérables, il faut bien le reconnaître : aucun cachet, un espace à l'écart de l'animateur qui ne cesse de prendre la parole sur un ton de radio périphérique et la possibilité d'exprimer devant quelques curieux ma passion pour l'histoire de notre fille Liger. Elles furent acceptées, ce qui me surprit tout autant que me combla.

 

L'été passa sans que j'eusse plus de nouvelles. C'est à la lecture du programme officiel que mon sang ne fit qu'un tour : je ne figurais pas sur le précieux document qui orientera les curieux lors de ces cinq jours de festivités. Oubli ou bien omission ? chacun dispose de sa vérité quand tout ne peut être dit au risque de briser le lien ténu et au combien fragile qui s'est établi en dépit d'oppositions tenaces et souterraines.

 

Il se trouve que la disparition n'est pas innocente, d'autant plus que j'ai eu la malencontreuse idée de m'aliéner l'icône locale de la rivière : le maître de cérémonie, un charmeur incontournable, le numéro Un de la flotte locale. Il ne fallait pas faire d'ombre et encore moins de vagues : une bonne communication a besoin de cohérence et de clarté. Écarter le bouffon semble être légitime au royaume des bisounours.

 

Que cette entourloupe soit volontaire ou bien insidieuse, qu'elle émane simplement d'un malencontreux concours de circonstances, fort opportun au demeurant, n'a strictement aucune importance. Je reste sur ma chaloupe, débarqué que je suis du grand rafiot officiel. Les spectateurs devront faire preuve d'une grande opiniâtreté pour venir à ma rencontre du simple fait du hasard ou d'un bouche à oreille qui se passera naturellement d'une presse locale prompte à honorer les puissants et à mépriser les humbles.

 

Pour ceux qui me font l'honneur de me lire et qui, par extraordinaire, viendraient jusqu'à cette merveilleuse animation fluviale, je suis à la lettre le fameux précepte qui affirme qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. C'est donc au travers d'un billet que je vous informe de ma programmation, terme en la circonstance assez dévoyé puisque privé de son expression papier !

 

Si vous souhaitez entendre mes Bonimenteries, vous n'aurez qu'à traverser le pont Royal, ce solide ouvrage de pierre inauguré en son temps par la marquise de Pompadour, venue avec meubles et bagages par les voies d'eau et qui eut le malheur de perdre une partie de son petit mobilier de voyage lors du naufrage de son coche d'eau … Mais ceci est une autre histoire.

 

Toujours est-il que ce brave pont de pierre inauguré en 1760 supportera bien votre passage : ayant été baptisé par le plus lourd fardeau que la France ait supporté. Vous franchirez sans peine les 339 mètres de ce magnifique ouvrage d'art construit sur les plans de l'architecte Jean Hupeau. Ses travaux ont débuté en 1751 pour s'achever finalement en 1763.

 

Vous pourrez admirer ses neuf arches durant cette traversée piétonnière qui vous conduira jusqu'à l'octroi qu'il fallait alors payer pour avoir le droit de l'emprunter. C'est donc sur la rive Berry, comme elle se disait à l'époque, que vous découvrirez une guinguette où votre serviteur fera le bouffon savant, le conteur falsificateur, l'animateur décalé, loin des vedettes de la rive opposée et de toutes les embarcations historiques. Je serai si proche de la circulation automobile, qu'il vous faudra tendre l'oreille et vous pincer le nez.

 

C'est à l'heure de la sieste, sur le coup de la digestion, à 15 heures qu'il se trouvera encore quelques personnes vaillantes pour affronter une prestation qui ne méritait sans doute pas l'encre du programme. Exceptionnellement je manquerai au rendez-vous le jeudi puisque mes amis de La BouSol se produiront sur l'autre rive, celle de la multitude et qu'ils m'ont fait l'honneur de me demander de présenter leur spectacle qui figure, lui, au programme officiel, accompagné d'une illustration soigneusement choisie sur laquelle je ne suis pas.

 

Voilà, vous savez tout et j'ai, une fois encore, noyé le poisson pour ne pas faire de vagues. Il faut reconnaître que l'entreprise eût été délicate en eau douce. Le duit, cette digue longitudinale qui sépare notre rivière en deux afin de lui assurer un chenal sur la rive Nord, me permettra d'éviter les algarades et les quolibets venus de l'autre rive.

 

Que la fête soit belle et n'oubliez pas de demander le programme même s'il n'est pas tout à fait complet. Je vous attends de pied ferme et la langue tout aussi pendue que le laisse supposer cette proposition abracadabrante. Ceux qui sont susceptibles ou dénués d'humour, n'ont qu'à passer leur chemin. J'ai jeté l'encre à deux pas des Tourelles, là où dame Jeanne réalisa son plus bel exploit. C'est un pied de nez supplémentaire qui amusera le comité d'éthique ; je ne manquerai pas de conter son histoire à ma façon. À bientôt si le cœur vous en dit !

 

Programmatiquement leur.

Hors programme.
Hors programme.
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G
Hé bien voilà qui est clairement expliqué et j'ai enfin compris la substantifique moelle de ce qui t'es tombé dessus. Résistons et mort aux cons !
Répondre
C
Gégé<br /> <br /> On me dit que ce n'est que le fruit du hasard<br /> Je veux bien le croire et hier j'ai conté en deux endroits officiels sans laisser-passer et sans avoir accès à la cantine de ceux qu'on désigne comme artiste<br /> Le hasard sans doute<br /> <br /> Vive les rebelles
M
Bonjour Nabum...<br /> " Au village sans prétention.... j'ai mauvaise réputation.......mais les brav'gens n'aiment pas que.... l'on suive une autre route qu'eux....." ..... " Chacun sa route... chacun son chemin...." !!!!!<br /> Courage...A bientôt...<br /> Je t'embrasse. Marie
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C
Marie<br /> <br /> Pourvu que l'histoire ne retienne que celui qu'on montre du doigt !<br /> <br /> Ceux qui m'auront pendu auront alors à rendre des contes et des comptes
A
Bonjour Nabum . La Loire est trop loin de chez moi mais un jour peut être mes bâtons de marche me mèneront jusque là . Exclu du programme, tu es , mais vivant , l 'essentiel . Les gens échappant au régimentement sont toujours oubliés . j 'en connais des exemples et ça peut durer cent ans . Au bout de tout cela, rire ! Mais RIRE ! <br /> L 'ABSENTé, tiens le coup !
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C
ancoliase<br /> <br /> Il n'est rien à espérer d'autre<br /> <br /> Les marchands ont toujours eu le pouvoir dans notre histoire de Loire
A
Je réponds à ton message , tu venais de rentrer , nabum désabusé et las . Tu as vécu des choses dont j 'ai été témoin pour d'autres et moi même je suis attaquée aussi pour ma différence . On te renvoie une image en négatif .en déformant tout . mais se défend re, .se dégager de ce jeu là ., grandir soi , ne plus donner prise , Il le faut . <br /> <br /> Il y a des moyens je crois de vivre . le passage est étroit . Tu t'es senti juste toléré et la question de la place est posée . Je suis en train moi d 'envoyer les invits pour mon expo Je n 'ai personne du tout avec moi , sauf je le sais, ce Belge dont je te parlais , personne avec moi . AVEC . C 'est quelque chose ça ; J 'en chialerais . il faut retourner la terre , l 'aérer , casser les mottes . un travail de titan dès que tu laisses ce qui se fait déjà . N 'est ce pas sur un récit , celui d'un concert dans le jardin de l 'archevéché qu 'on s'était retrouvé et longtemps avait dialogué . Tu es en de réaliser quelque chose et de toucher à ton être profond . et je ris - c'est le mot - je ris encore - c'est nerveux , je leur en veux ! Je te comprends je crois . c 'est j 'ai lu le mot toutat c'est dingue et il EST JUSTE : des situations ( je ris ), EXTREMES . Excuse moi , moi c'est l 'invit et la famille , celle de la belle fille pas un vu ici et je reste a faire mes invits . Où est le réel ? <br /> Bois une coupe de champagne et vas dormir . J 'ai été maltraitée aujourd ' hui . Je suis défendue . mais quand même c'est dur T 'as vu . Laisser arriver le coup et afficher l 'image . Prépare - toi , reprends souffle et change de camp . C 'est mou , flasque . On a la chance de ne pas devoir gagner notre pitance . Réalise la chance ! Travaille l 'esprit de ta matière ! <br /> Demain il fera jour . <br /> J 'ai du écrire un max . Dodo .
C
ancoliase<br /> <br /> Le festival se termine, les mariniers font la fête, je suis chez moi, épuisé par une prestation gratuite, certes, durant laquelle pourtant je n'ai pas triché.<br /> <br /> Pendant ce temps, certains personnages importants me tournent le dos, ils ont fait de l'argent quand j'ai fait œuvre de pédagogie et d'histoire. Nous n'aurons jamais les mêmes motivations.<br /> <br /> Eux ont été filmés, interrogés par les médias serviles tandis que je distrayais une poignée de personne qui n'avaient pas à payer pour être avec moi.<br /> <br /> Je veux bien être le méchant mais que ceux-là se regardent un jour dans un reflet de Loire en évoquant leurs fameuses valeurs .... Ils verront un triste reflet déformé et grimaçant
A
Nabum , je ne trouve ton com du 23 le prix de la liberté qu 'aujourd 'hui . Je dis moi que la liberté a aussi un autre prix que celui du MEPRIS et c'est d'être traité de FOU . Je l 'ai été . C 'est accablant . Ne pas être entendu déjà c'est beaucoup mais d'être traitée de folle ça . Tiens bon. Tiens . L'argent? Tu m 'étonnes ! le bagchich ? Oui , C 'est dur . <br /> Mais le conte triomphera. Crois moi . la voie se dessine. Courage !
C
Ancoliase<br /> <br /> La liberté a un prix, celle du mépris et de l'humiliation<br /> <br /> L'argent peut tout acheter y compris la censure, j'en ai eu la preuve et je suis au désespoir.
A
Merci Nabum ; Si je survis ici , ici où je suis je veux dire, je te ferais signe . Ou la ou là ! Voilà un encouragement . Il faut cent ans pour aboutir mais si dix suffisent regroupés et ardents , j 'organise une petite expo prochainement en haut où " je vis " . Le bas, pensé est encombré . Si j 'arrive à vider la pièce sur le chemin et réunir les musiciens qui viennent d'arriver au village, je t'appellerais . <br /> Courage . C 'est la mort qu 'ils cultivent ! Funèbres pompes ! Merci . .
C
ancoliase<br /> <br /> Vivant pour un spectacle gratuit ...<br /> <br /> La liberté n'a pas de prix