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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Journée internationale des droits des femmes

L'art et la manière de tout salir …

Alors que de par le monde, elles sont battues, bafouées, asservies, voilées, cachées, violées, lapidées, mariées de force, privées de scolarité, le commerce tout puissant détourne une journée de lutte et de combat pour en faire une affaire simplement mercantile. Et nos bons médias de tomber dans le raccourci en nous présentant cela comme la journée des femmes, le prolongement de la Saint Valentin et de la fête des mères …

Ne sommes-nous donc pas capables, une fois, de faire preuve de dignité et d'oublier les démangeaisons du porte-monnaie ? Je crois qu'il n'est plus rien à espérer de cette société qui ne voit que l'aspect mercantile, le fric et la vulgarité comme lignes de conduite. Même le président profite de l'aubaine pour faire de la communication et inventer une nouvelle partie dans les jardins de l'Élysée, réservée au sexe faible.

Les fleuristes se frottent les mains. L'injonction pèse sur l'homme attentif à l'air du temps, en ce jour si particulier : il faut offrir des fleurs à sa potiche. Respecter sa femme, prendre en compte la misère de tant d'autres ? Mais vous n'y pensez pas ; la chose est bien trop difficile. La fuite en avant de l'individualisme et de la futilité réunis les font tous se précipiter vers la fleur coupée …

Les marchands jouent eux aussi de la confusion en affichant fièrement sur le trottoir : « Journée de la femme … ! » On sait malheureusement ce qu'il en coûte à ces dames qui font le pied de grue en ce lieu de déshonneur et de déchéance. Mais nul risque de confusion : les marchands n'ont pas d'état d'âme et encore moins de conscience politique.

Quelques restaurateurs non plus, ne peuvent pas se donner la peine d'une pensée pour les victimes de toutes les horreurs sexistes. Il faut faire du chiffre (le contexte est si difficile), remplir la salle et feindre de se moquer des vraies motivations de cette journée si nécessaire. Les reculs des libertés, l'horreur intégriste, les mutilations sexuelles, le calvaire quotidien des femmes seules élevant des enfants et se débattant dans des emplois à temps partiels …, tout cela, ils n'en ont cure. Leurs clients ont du fric et aucune empathie pour les misères autour d'eux.

J'attends encore qu'on nous dise nos quatre vérités, qu'on pointe du doigt les dérives insupportables d'une société qui fait argent de tous prétextes. Les mots n'ont pas plus d'importance que la réalité. C'est la journée de la femme : celle qui porte beau, qui va bien, qui a du pouvoir d'achat, des relations, un mari aimant, une belle profession … Tout le cortège des vanités a droit à la parole tandis que l'immense cohorte des femmes, démolies par le réel est écartée des écrans et des pensées.

Le rouleau compresseur des paillettes passe une fois encore. Rien ne l'arrête : l'atroce, l'immonde, le sordide, le graveleux, l'injuste, l'insupportable sont repoussés d'un revers méprisant. C'est la fête et venez pas la gâcher avec vos idées noires, vos idéologies déprimantes ! Nous, nous allons bien et nous entendons jouir sans entrave , sans leçon de morale. Le monde peut bien crever, nous nous n'en portons que mieux.

Alors, la journée de le femme est passée. Quelques défilés de-ci de-là ont voulu réveiller les consciences. La cause semble perdue d'avance. L'égoïsme est devenue la règle absolu et ce billet sera lu comme une intolérable ingérence à la liberté de consommer. Le client est roi et pour conserver sa couronne, mieux vaut qu'il soit jeune, riche, beau, bien portant.

Les autres, qu'ils crèvent … ! D'ailleurs, nous penserons peut être à eux lors de la prochaine journée internationale du refus de la misère, des discriminations, des injustices, des coups tordus et des malentendus. En attendant, faisons comme si de rien n'était. Après tout, si nous avons échappé à tout ça, c'est que nous le valons bien …

Exaspérèment vôtre.

Journée internationale des droits des femmes
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K
Nabum,

En effet, quand on lit Les liaisons dangereuses, on s'aperçoit que derrière la perfidie de la comtesse de merteuil se dissimulaient des revendications féministes.

Le lecteur constate alors que la question du féminisme taraudait déjà des génies comme Pierre Choderlos de Laclos.

Mais c'est surtout à ma connaissance Mme de Staël qui donnera ses premières lettres de noblesse au féminisme ( en France), suivi de près par Georges Sand. C'était une époque morale, barbare mais morale.

Après mai 1968, outre la trahison faite au général De Gaulle par une minorité de français gauchistes des plus virulents, les financiers ont bien saisi qu'il y avait du fric à se faire sur le dos des revendications féministes. Le féminisme est devenu un outil de propagande à la consommation.

Les bonnes intentions répétées en boucle sur les chaines de télévision, le modèle à suivre selon les américains à travers leur cinéma, n'a rien changé sur le fond.

Le féminisme post-soixantehuitard est biaisé. Et cette journée en est l'exemple type.
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C
kakashisensei

La cause de la femme est biaisée ...

DSQ est encore dans le coup !

Je pense que vous avez raison au delà de la mauvaise plaisanterie
L
Bonjour amis .
Je ne sais pas non plus ce que l'on entend par ce terme de féminisme : le pire et le meilleur sans doute .
J'ai une citation à vous proposer:"
Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme .Tout ce que je sais , c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.""
Rebecca West.
Revenir impérativement aux sources : relire" le deuxième sexe " de Simone de Beauvoir " et ne pas se tromper de combat surtout .
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C
Laure

Je préfère évoquer l’humanisme et ma définition de celui-ci, traiter sans distinctiona aucune l’homme et la femme.
E
J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement
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K
J'oubliais : engraisser la finance et diviser encore un peu plus la société. Lobby et finance, les éternels époux ...

Je réitère mes voeux pour cette journée: si pour la prise en compte du malheur de certaines femmes, on commençait par emmerder copieusement, avec gourmandise, toutes ces naïades et autres lobby qui font comme un désenchantement dans le paysage des idées sérieuses, qui divisent et ne vivent qu'au travers de leurs rêves de gloire médiaque, peut-être qu'on commencerait à prendre en considération le malheur des hommes dans sa globalité.
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C
kakashisensei

Là ,nous sommes d'accord
C
kakashisensei

Là ,nous sommes d'accord
K
Nabum,

Le féminisme est une conception purement libérale. Le prolongement de mai 68. Un marché ... une lutte d'indépendance et de pouvoirs, voire de mépris et de haines de quelqu'unes envers leur pendants masculins ... Une idéologie castratrice édifié en progrès pour engraisser la finance.

Les violences, l'inégalité, la soumission dont sont victimes les femmes à travers le monde sont des maux à combattre au nom de l'humanité simplement.

J'emmerde le féminisme.
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C
kakashisensei

Je ne pense pas que ce mouvement soit si récent et il va bien au-delà de la carrcature dont j’ai usé ici