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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

C'est trop injuste

Le ciel n'était pas avec eux …

Un peu partout en France, ce weekend fut l'occasion de festivités en extérieur qui se fracassèrent sous l'effet de la colère des cieux. Une pluie battante, incessante, un temps gris à vous donner le bourdon et en prime, cette maudite coupe du monde qui colle à leur écran, des admirateurs inconditionnels de l'opium du peuple, ont eu raison des efforts des milliers de bénévoles qui en avaient les larmes aux yeux.

Terrible incertitude de la météorologie et des animations en extérieur ! Roulette injuste qui décide pour vous de la réussite ou de l'échec, de la rentrée d'argent pour continuer à vivre ou bien du terrible plongeon qui met à mal une association ! Les efforts consentis, l'investissement de gens totalement désintéressés sont réduits à néant par ces cumulus qui vident leur ire aveugle sur de pauvres gens impuissants.

Si vous ajoutez à cette calamiteuse fin de semaine, la colère désespérée des intermittents, les marquesde plus en plus évidentes d'une crise qui appauvrit vraiment une population, en proie à des difficultés économiques croissantes, vous avez la possibilité de toucher du doigt la morosité ambiante d'une nation totalement désabusée.

Je sais qu'on va m'accuser d'en rajouter un peu. Ceux qui vivent à l'écart du fléau du chômage, qui ne se soucient que de leur petit confort, ignorent sans doute les effets désastreux du lent et, semble-t-il inexorable, déclin de la France. Les agitations désespérées d'un gouvernement prétendument socialiste, les affaires qui se succèdent dans l'autre camp, aussi peu crédible et efficace que le premier, et la redoutable montée d'une pensée de haine ne poussent certainement pas à l'optimisme.

J'ai vu ce weekend, en diverses situations, des gens totalement dépités d'avoir consacré autant d'énergie pour sombrer sous les flots. C'est trop injuste ! J'ai deviné des larmes de rage, j'ai entendu des plaintes qui avaient la dignité de ne pas exploser en colère contre cette malencontreuse pluie, l'invitée surprise qu'on ne voulait surtout pas voir surgir.

Il avait fait bien beau pourtant depuis quinze jours mais cette fois-ci les prévisions météorologiques se montraient pessimistes. Chacun croyait encore malgré tout que ce maudit pronostic serait démenti ; c'est si fréquent ! Hélas cette fois, pas de miracle ; les trombes d'eau prévues se sont abattues sur les barnums et les tentes, les stands et les spectacles. Il n'y avait plus rien à faire qu'à constater les chaises vides, les places vacantes, les trop rares courageux armés de parapluies et de bottes.

Qu'ont-il fait au bon dieu pour mériter pareil traitement ? On peut comprendre leur désespoir, on peut compatir mais rien de ce que nous pourrons leur dire n'effacera cette catastrophe. Une année de travail, de réunions, de contacts et de belles idées. Une année à mobiliser des bénévoles, à convaincre des amis, à solliciter les institutionnels. Une année de rêves et d'espoirs qui se dissolvent dans la boue et les flaques d'eau. C'est terrible !

Cependant, il faut faire face, montrer le meilleur de soi-même pour les courageux qui ont bravé le ciel. Ils méritent des sourires et le meilleur accueil alors que le cœur n'y est plus. Ils ont droit à cette fête qui, malgré tout, doit continuer. Ce n'est pas simple, ce n'est pas aisé de passer par-dessus ce sentiment de gâchis.

J'ai vu des bénévoles magnifiques : ils ont donné le change, ont gardé cette énergie qui ne demandait pourtant qu'à sombrer dans les flots et les bourrasques. C'est alors qu'à mon tour , j'ai décidé de recevoir l'averse , d'en faire fi pour offrir à ceux qui étaient là un moment inoubliable. Les pieds nus dans la boue, des frissons sous ma pauvre chemise de marinier, j'ai voulu, moi aussi, vaincre le mauvais œil, ignorer cette pluie qui ne douchera jamais notre détermination à faire la fête.

L'Armada et les amis du port de Saint Benoît figuraient au nombre de ces innombrables associations au désespoir. Depuis deux ans, ils rêvaient de ce moment. Ils avaient construit deux bateaux, imaginé une grande et belle fête marinière, remué ciel et terre pour boucler leur programme et voilà que le ciel leur a joué ce vilain tour !

Qu'importe ! les bénévoles, stoïques, ont fait front ; bravant les éléments, ils ont tenu la barre et gardé le cap. Leur fête fut belle. La pluie n'a pas arrêté le programme, les dîneurs ne se sont pas désistés. Ils étaient plus de trois cent trente sous le chapiteau ; bravo à ces intrépides qui ne se sont pas découragés! Ils ont frappé dans leurs mains, ils ont chanté, ont manifesté leur enthousiasme. Le feu de la Saint Jean a vaincu l'humidité et ils sont allés voir les flammes menacer ce ciel qui s'était montré si injuste envers eux . Vous avez été formidables, merci, et à l'année prochaine, sous le soleil !

Pluvieusement leur.

Photographies :

Couverture : Alain Pavard-Doisneau

Puis Laurent Cheron et Yvonne Sir

C'est trop injuste
C'est trop injuste
C'est trop injuste
C'est trop injuste
C'est trop injuste
C'est trop injuste
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L
Apparemment , il n'y a pas eu que le feu de la st Jean pour vous réchauffer , cher Nabum ! Heureusement que votre partenaire ne portait pas de talons- aiguilles !<br /> Ouïlle ! Vos pauvres pieds nus !<br /> &quot;Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps&quot; disait, en son temps, notre Sétois préféré .
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C
Laure<br /> <br /> j’ai dansé à chaque fois que j’ai pu en changeant de partenaire pour animer la soirée Comme il pleuvait sur la piste, ça n’a pas été facile de faire bouger les gens. Qu’importe, je sais qu’ils ont passé un bon moment malgré des conditions peu favorables.
K
Ce n'était pas des coups d'épée dans l'eau alors ?
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C
Kakashi<br /> <br /> Au fil de l’eau, il est normal d’en croiser parfois
K
Ce n'était pas des coups d'épée dans l'eau alors ?
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K
Ce n'était pas des coups d'épée dans l'eau alors ?
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