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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Jusqu'au bout de la farce.

Les élections européennes.

Dimanche les électeurs sont appelés à se rendre aux urnes dans le cadre des élections européennes. C'est bien là la seule chose compréhensible dans un scrutin aussi obscur que complexe. Bien malin celui qui peut dire comment ont été réalisés les découpages électoraux, combien il y a de circonscriptions sur le territoire et combien de députés leur sont attribués. C'est à croire que tout est fait pour décourager les électeurs ….

Essayons d'expliquer simplement ce qui ne peut l'être. La France retrouve les vertus des points cardinaux avec un saucissonnage digne des plus belles manœuvres de nos chers ministres de l'intérieur. Nous avons là l'expression de tout le savoir-faire des élites issues des hautes écoles. Plus c'est compliqué, mieux les gugusses se laisseront berner sans rien dire !

Chaque quartier dispose d'un nombre de députés proportionnel à sa population. C'est somme toute assez logique sauf si l'on considère des exemples comme la tranche issue de nulle part, qu'ils ont nommée « Massif Central Centre »et qui occupe une bande de territoire de plus de cinq cents kilomètres de long pour seulement 5 postes à pourvoir. On se sent bien peu de chose quand on se retrouve dans ce désert de moins de cinq millions d'habitants…

Pourtant ce désert est riche de 25 listes dont les intitulés relèvent parfois de la plus grande fantaisie. Nous y rencontrons le plus grand échantillon des possibles qui puissent se concevoir dans le champ des opinions en tous genres. Les royalistes côtoient les théoriciens du vote blanc qui font ménage avec des fédéralistes qui s'accoquinent avec des démocrates plus réels que les autres. Et ainsi de suite, entre partis d'en rire et raisons d'en pleurer.

Non seulement cette farce va discréditer encore plus une élection que nulle campagne officielle réelle n'a mise en avant mais pire encore, elle démontre à l'évidence que les jeux sont déjà faits. Il est vrai qu'avec un tel éparpillement et seulement 5 postes à pourvoir, les machines à calculer vont donner rapidement un verdict qui fondamentalement sera un joli partage du gâteau entre les plus gros.

Que veut-on faire derrière cette pantomime absolue ? Non seulement le gaspillage en papier sera absolument gigantesque mais ce choix ahurissant va, une fois encore, désespérer les électeurs incertains, les plus jeunes et les moins engagés. Nous allons vers une abstention record, non seulement prévisible mais à coup sûr souhaitée par les gros partis qui veulent être certains d'avoir leur tête d'affiche casée pour quelques années.

Les professions de foi ne seront pas lues ; les citoyens encore consciencieux porteront leur choix vers les grosses écuries, faute d'une réelle information. Nous n'avons encore rien reçu dans nos boîtes aux lettres et j'imagine la grosse enveloppe à vous décourager un lecteur attentif. Les élections à venir vont donc relever de la pratique rituelle. Bien des listes n'auront rien gagné à cette exposition étrange et si peu efficace.

À moins qu'il n'y ait encore quelques deniers publics à gagner dans cette aventure ! Comment expliquer sinon cet afflux de candidats et de listes ? Qui finance cette gabegie ? Qui fournit des subsides à ces groupuscules inconnus au bataillon ? L' Europe dans tout ça ? J'ai bien peur qu'elle ne s'avère, une fois de plus, qu'un prétexte pour caser des vieilles ganaches sur le retour chez les plus grands partis et une fausse opportunité de se faire un nom sous les projecteurs pour quelques autres.

Comment donner sens à tout ça ? Quelle est la volonté réelle dans cette parodie de débat, cette illusion de démocratie, ce choix sans fondement sérieux, cette loterie électorale absurde et surtout cette filouterie qui fera qu'il y aura sans doute cinq vainqueurs avec un hochet magnifique ?

J'éprouvais la tentation de rejoindre le camp des abstentionnistes. Je pense qu'il faudra malgré tout exprimer mon ras-le-bol, car à l'évidence, le choix de la fuite est encouragé. Le risque de la dilution des mécontentements est acquis grâce à des modalités délirantes ; c'est également un effet recherché ! Pris au piège, le choix est restreint. Je ne veux pas cautionner cette caricature de scrutin par une fuite qui arrangerait les partis félons. C'est donc sans illusion que j'irai exprimer mon désaccord en toute lucidité et sans espoir ni attente miraculeuse. Depuis longtemps déjà, nous savons que les jeux sont faits

La démocratie, on ne cesse de nous le seriner, est le pire système à l'exception de tous les autres. Ce scrutin convient parfaitement bien à ce parlement fantoche qui a si peu de pouvoirs réels. Qu'on nous berne avec une telle comédie n'est pas de nature à me réconcilier avec ces tristes personnages qui prétendent nous gouverner pour finir par se coucher devant les intérêts supérieurs du grand capital. C'est donc dans le seul but de leur signifier mon absence totale de confiance que j'irai déposer dans l'urne un cri qui, une fois encore, restera étouffé ; une sorte de crachat que je ne peux décemment leur envoyer à la figure, conservant, hélas, une éducation qui leur fait tant défaut !

Pitrement leur.

Jusqu'au bout de la farce.
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K
Nous sommes dans une impasse parce que l'Europe telle qu'elle fonctionne n'est pas démocratique. Elle n'est pas représentative des peuples qui la constituent. Toute les instances politiques se déresponsabilisent de la dictature des marchés et de la spéculation. La Banque Centrale Européenne est une entité financière despotique en dehors du système.
Néanmoins, je reste fidèle à l'idée du départ. L'Europe est un progrès. Il ne s'agit pas là de faire gagner un travesti à l'eurovision ou véhiculer une supposée théorie du genre dans les écoles. Non. Dans cette providence européenne les états sont obligés de cohabiter. Par extension les peuples cohabitent. C'est une première dans l'histoire de l'humanité.
Dans un second temps, il y a deux idées qui l'enveniment. Deux noirceurs crasses et vagabondes :
1/ Le nationalisme sous l'appellation perfide de souverainisme.
2/ Cette variante du capitalisme sauvage sous l'appellation pernicieuse de libéralisme.
Ces tumeurs sème la confusion. De cette confusion en sortira certainement une tempête. Car si nous sortons de l'Europe, ce sera par la grâce d'une politique autocratique. Qu'elle se revendique de gauche ou de droite. Une autre voie serait de créer une Europe où le peuple puisse y être entendu. Maculer la double prérogative de la B.C.E dont dépendent les affaires publiques (les états) et privées (multinationales).
En résumé je n'irais pas voter. Personne n'aborde de proposition concrète. On nous propose soit d'en sortir soit de continuer dans ce carcan financier. Ni l'une, ni l'autre me convient. Je m'abstiens.
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C
Kakashi

Je suis d’accord sur votre analyse

Votre choix est respectable et je ne suis pas un affreux moralisateur pour dénoncer l’abstention d’autant que j’y ai vraiment songé

Laissons les donneurs de leçons oublier une fois encore d’agir plutot que de nous grander comme des enfants
K
Je me suis abonné en 2014 au "Monde Diplomatique". Dans le mensuel papier de mars, j'ai lu cet article; Je l'ai retrouvé mais sur le net n'est que le commencement de la thèse avancée par ce philosophe (faut être abonné pour lire la suite). Néanmoins elle est explicite de l'idée générale que son auteur dégage. l'Europe est une convergence inéluctable prête à imploser à cause de sa politique néolibérale.
http://www.monde-diplomatique.fr/2014/03/BALIBAR/50208
Répondre
C
Kakashi

Vite que l’implosion se fasse pour qu’une Europe des peuples émerge enfin