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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

De la colère en général

Tornade intérieure

Un mot de travers, une goutte d'eau qui déborde, la corde qui finit par craquer, les vannes qui s'ouvrent et la colère monte, monte, monte. Elle est destructrice, elle vous submerge, elle emporte tout sur son passage et efface ce qui avait été acquis à force de patience. La colère est mauvaise compagne, piètre conseillère, terrible moment où tout bascule.

Elle s'impose à vous, vous coupe toute retraite. Elle vous montre le seul chemin qu'il ne fallait pas prendre, vous conduit par le bout des nerfs dans la pire impasse. Elle a ce don diabolique de guider sa victime vers l'inéluctable, l'irréparable, dans cette impasse dont on ne peut se sortir.

Elle vous avait envoyé déjà des signes, des signaux d'alerte. Vous les avez enregistrés avec un dédain méprisant. Ce n'est pas aujourd'hui que cette vilaine dame va vous faire sortir de vos gongs. Vous repoussez ses avances, vous lui tournez le dos. Elle revient à la charge, elle ajoute encore un grain de sable dans les rouages de votre patience. La colère est opiniâtre !

Vous prétendez ne pas l'entendre, ne pas sentir qu'elle vous tire par la manche pour vous entraîner vers le gouffre. Vous laissez monter cette pression intérieure qui précède l'orage. Le ciel s'obscurcit, chaque petite anicroche, chaque remarque, chaque geste se charge de cette électricité qui va vous porter à l'explosion. L'air vient à vous manquer.

Puis la colère sort de sa manche cette insidieuse petite étincelle qui va déclencher la foudre. Le nuage crève : vous êtes emporté comme un fétu de paille. Elle a pris votre contrôle, elle est maîtresse de votre rage, elle s'amuse de vous et vous laisse sans résistance face à sa folie destructrice. La colère dévore tout.

Les mots qui tuent, les gestes qui blessent, les décisions sans retour. En une seconde, vous pouvez infléchir le cours de votre existence. La colère n'a aucune mémoire, elle prend, elle tord, elle malaxe, elle détruit, elle désagrège. Vous n'êtes que le sujet de sa folie, simple pion balloté par les vagues d'une tempête démoniaque.

Enfin elle s'en va ! Vous n'êtes plus rien. Elle vous a vidé, vous a privé de vous-même. La colère a réussi son coup. Plus rien ne sera comme avant ; elle a tracé une ligne de fracture, creusé un sillon profond qui s'incruste dans les cœurs, le vôtre mais aussi celui des autres, les pauvres témoins innocents de ce saut dans le vide.

La colère est perfide. Elle vous a ôté toutes les possibilités de rachat. Elle fige le temps, elle interdit le pardon, elle n'autorise aucune réparation. Elle a créé de façon définitive cette mémoire du vide, ce moment de la bascule. À chaque occasion, elle reviendra vous titiller, vous provoquer en vous soufflant au creux de la conscience : « Tu vois, ça recommence ! » …

La colère a gagné la partie. Avec elle, on ne distribue pas une nouvelle main. Les cartes sont désormais biseautées ; les jeux sont faits et rien ne va plus. Vous êtes condamné à revivre sans cesse ces instants fatidiques. Vous désirez remonter le temps, effacer l'instant fatal ; vous tournez en boucle, devenu son esclave.

La colère vous a enchaîné à un lien invisible, une entrave incassable. Elle a fracassé le passé, n'y laissant qu'un champ de ruines. Vous n'êtes et ne serez jamais plus le même. Il est trop tard ;la colère ne passe jamais, elle reste tapie, sournoise, impitoyable, prête à vous prendre à nouveau pour le moindre prétexte.

Vous regardez derrière vous. Les regrets n'ont pas lieu d'être ; il n'y a plus rien qui puisse être fait. La colère a laissé ses stigmates.

Inéluctablement mien.

Dans le grand tourbillon de la colère, j'ai supprimé le compte facebook de « C'est Nabum » . N'en soyez-donc pas surpris !

De la colère en général
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P
Pour moi cet écrit où tu mets ton coeur à nu est un des plus beaux et m'a vraiment émue....Tous te réclament et t'acceptent tel que tu es, un être humain!!!! C'est ton rejet qui nous a fait mal pas tes excès, tout le monde peut un jour péter les plombs mais ceux qui n'étaient pas présents n'ont pas compris .... Tu es entré dans la vie de centaines de personnes, tu ne peux les abandonner ainsi, alors reviens nous et vite! En attendant je partagerai ton billet chaque jour et te redit toute l'affection que j'ai pour toi...
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C
effacé (la colère provoque des cascades de fautes)
C
Quand j’aura éffacé (pas glop la faute)
C
Paty

Je reviendrai quand j’aurai effacer la trace de cette blessure
A
Mon Ami je comprend ta colère. Je me demande simplement si pour ce très court moment tu dois priver et te priver de tous ces échanges constructifs que tu avais avec des amis sincères qui t’apprécie et qui sont prêt à tout te pardonner si pardon il doit y avoir. Alors reviens nous comme si de rien n'étais. Les paroles s'envolent comme la colère. Je te demande de revenir partager ton sourire lumineux avec nous et tes coups de gueule salutaire. Je vais continuer à te lire et partager tes billets mais tu n'auras plus aucun commentaire de ma part jusqu’à ton retour . Tu as mon mail pour dialoguer ... je t'attends et Paty l'Aveyronnaise aussi ... et bien d'autreS ....
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C
Alain
Il faut faut laisser passer l’orage et la déception
Le temps permet seul de faire un peu le vide
K
Quelle est votre colère ?
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C
Kakashi

Elle est mienne et personnelle
Le billet le précise bien, de la colère en général

Je rpends de la distance par rapport à mon cas tout en décrivant les dégats que le colère peut faire en moi.

Merci de vous en inquiéter.

Je fais ouvre d’écriture et non de biographie. La nuance est étroite, je sais et je rpends garde de ne pas sombrer dans les confessions