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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Génération DSK

Peut-on en être fiers ?

Je sais que les jeunes que je fréquente dans le cadre de mon travail ne constituent pas la norme et qu'ils sont, d'une certaine manière, une exception parfois déplorable. Cependant, j'ai le sentiment qu'ils amplifient à l'extrême des évolutions profondes ; qu'ils sont plus que les autres, pour bien des raisons liées à leur parcours, leurs difficultés et leurs niveau scolaire, plus à même de révéler les tendances lourdes d'une société à la dérive.

Ils ne disposent pas de pare-feux assez solides contre ces dérives dont nous sommes collectivement responsables pour les avoir laissées s'installer au nom d'une liberté exacerbée, d'un refus des limites et des principes. L'anarchie des comportements ne peut que bénéficier à ceux qui sont les plus armés ; la liberté absolue est de nature à perdre les plus fragiles.

En l'espace de quelques jours, des informations, des bruits, des faits se sont accumulés autour de quelques-uns de nos élèves (heureusement ils sont moins d'une dizaine mais bien assez pour que les coïncidences ne soient plus anodines). Tout a commencé avec cette jeune fille dont j'avais déjà évoqué l'hypersexualisation des propos. À plusieurs reprises, la jeune fille a fugué, découchant de chez elle pour passer ses nuits de manière bien mystérieuse.

Bien vite, des propos alarmants se sont répandus. Des camarades auraient vu un film la mettant en scène lors de ce qu'on pourrait, semble-t-il, qualifier de « tournante ». Comment accéder à la vérité, que parvenir à savoir d'elle tant elle a banalisé son rapport au sexe ? Elle a grandi avec un langage excrémentiel ; il se peut qu'elle ait vu également ces images scabreuses désormais si facilement accessibles . Je suis certain qu'elle trouve tout à fait normal de se livrer à pareilles pratiques.

Mais elle n'est pas seule. Deux de ses camarades, garçons de cinquième, devront rendre compte devant la justice d'une accusation de fellation forcée. Nous n'en savons pas davantage : le secret est la règle en cette lamentable circonstance. Cela pourrait être normal si nous n'avions subodoré que l'accusatrice, ou bien la victime, n'était une coreligionnaire de ces deux garçons en perdition. Car, voyez vous, non seulement ils n'ont pas honte mais je peux même vous certifier qu'ils sont assez fiers de revendiquer ce crime supposé.

Au niveau suivant, en quatrième, deux garçons ont eu des gestes ou des propos parfaitement déplacés vis-à-vis d'une collègue. Le premier, lors d'un débat de société, a mimé de manière particulièrement explicite un viol en bande. Ses camarades et l'enseignante en furent choqués tant les gestes étaient d'une incroyable férocité. Quelque temps plus tard, un second lascar a dit à cette même enseignante qu'elle allait devoir se mettre son sperme dans son c.... Propos sans nuance ni justification qui lui vaudront une semaine d'exclusion …

Pour pimenter le climat malsain de cette charmante classe, deux jeunes filles ont mis en garde les adultes sur le comportement de l'une de leurs camarades. Elles affirmaient que celle-ci se donnait à un camarade (le mime du viol) dans une cave. Il est vrai que ces deux élèves manquent régulièrement des demi-journées de cours. Elles allèrent jusqu'à répéter leurs craintes au directeur et à l'infirmière.

Quand la jeune fille mise en cause eut vent de la rumeur, elle fit un scandale, jurant ses grands dieux qu'il n'en était rien, que ses camarades voulaient la salir. Elle en appela à la dignité en un discours d'une incroyable intensité dramatique. Cependant, moins d'une semaine après, elle séchait à nouveau une journée de cours et d'après une conversation entre deux garçons, entendue malgré moi dans la rue, la jeune fille en question aurait suivi l'un de leurs copains, lui accordant une petite faveur pour la somme de vingt euros …

Cette fois, nous touchions le fond ! Je ne sais que penser de cette conversation. Elle se place une fois encore dans un contexte où le sexe est le sujet principal des préoccupations de ces jeunes gens qui n'ont pas quinze ans. C'est un sexe accompagné de violence ou d'une dimension mercantile. Pire que tout, il apparaît que ces adolescents trouvent normal ce contexte délétère, graveleux, abject.

Nous ne pouvons rester insensibles à un tel cumul d'alertes. Elles s'inscrivent dans un groupe où les mots les plus salaces sont quotidiennement dans les bouches. La vulgarité est la norme, le respect de la femme une impossible exigence. Tout ceci se déroule aussi dans une société d' adultes qui n'a jamais autant exposé le corps de la femme, qui ne l'a jamais autant marchandisé. Les images choquantes inondent nos écrans de télévision : les séries banalisent à l'excès les préoccupations sexuelles et la pornographie est à portée de ces jeunes regards, donnant aux rapports intimes une dimension bien loin de l'amour entre deux êtres.

Si ces adolescents ont des comportement aussi fracassés, la faute en revient principalement à cette surexposition du corps et du sexe de consommation. Bien sûr, Facebook est un support sans limite pour toutes ces dérives détestables : rien n'étant plus gardé secret !

Que les libertins de tous poils vivent comme ils l'entendent leurs perversions ou leurs fantaisies, mais que l'on cesse enfin d'étaler à longueur de journée, en tous lieux et en toutes occasions ,de tels comportements ou de telles images !Voyez les dégâts chez les plus fragiles et dites-vous bien que vos enfants aussi subissent ce matraquage !

Pudiquement vôtre.

Génération DSK
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K
C'est le revers de la médaille du progressisme Nabum ; sa face cachée comme celle du libéralisme économique ; D'ailleurs libéralisme économique et progressisme social font la paire dans nos sociétés désaxées. Et on continue d'abonder dans cette logique dévastatrice. On sape la Morale comme on saborde un navire. <br /> A new-york des femmes se promènent seins nues dans ce paradigme progressiste qui ronge l'humanité. J'emploie cet exemple parmi tant d'autres car je l'ai entendu ce matin à la radio; suivi d'un autre où je ne sais plus dans quel pays, les progressistes, les bien-pensants, ont construit un cimetière exclusivement dédié aux lesbiennes. <br /> Au milieu d'une société qui damne la Morale, doublé de parents débiles qui ne leur accordent pas grand amour je pense, (où ce sont des caricatures de mécréants stupides) qu'adviennent ces adolescents ? La société est responsable tout comme leurs parents.<br /> Continuons donc de vénérer la Grande Amérique, elle nous mènera à la tombe !
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C
Kakashi<br /> <br /> Le Grand Satan ...<br /> <br /> Je suis totalement en phase avec votre refus de voir cette société délirante devenir notre modèle.<br /> Hélas, films débiles et séries calamiteuses sont les agents de propagande de cette étatniens furieux et sans culture, délirants et prétentieux.<br /> <br /> Coupons les écrans
R
!<br /> Les familles sont dépassées , leurs enfants refusant tout contrôle , toute contrainte alors qu'il est absolument nécessaire de les protéger contre eux-mêmes, leurs pulsions , leur entourage social aussi déboussolé ou pervers !<br /> Et voici un fait-divers (ou presque ) ausi consternant !<br /> http://actu.orange.fr/une/deux-collegiennes-stoppees-dans-leur-projet-de-supprimer-une-famille-afp_2926680.html
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C
Raton Songeur<br /> Est-ce l’amplification médiatique, est-ce l’effet de la parole qui se libère ?<br /> Je n’en sais rien mais il semble que les affaires se multiplient<br /> Nos enfants sont malades de cette société, c’est la seule certitude
A
Sur-médiation,sur-consommation,on n'est plus sur de rien!
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C
Athéna<br /> <br /> Ils auront participé au-delà de leur potentiel financier mais seront félicités pour leur contribution à l’effort de guerre. Le capitalisme est une guerre à la raison
A
Et pour certains de potentiels sur-endettés!
C
Athéna<br /> <br /> Ce qui est sûr c’est que ces gamins sont brisés<br /> Mais rassurez-vous, ils feront d’excellents consommateurs, toujours disposés à acheter le dernier produit à la mode.<br /> <br /> Voilà le seul objectif désormais de notre éducation. Faire de bons petits soldats du commerce